Victime d'une arnaque amoureuse, elle se voit refuser les PC

Le Tribunal cantonal a rejeté le recours d'une Fribourgeoise qui réclamait des prestations complémentaires après avoir perdu près de 100'000 francs dans une escroquerie sentimentale.

Entre la mi-octobre et le début décembre 2024, la victime effectue six versements, totalisant un peu plus de 97'000 francs, vers plusieurs comptes différents. (image prétexte) © Envato

L'histoire commence en septembre 2024. Une sexagénaire, rentière AI depuis 2004, fait la connaissance d'un homme sur Tinder. Très vite, les échanges basculent sur WhatsApp. En octobre, le nouvel ami évoque un héritage à venir, mais dit rencontrer des problèmes techniques pour transférer des fonds. Il sollicite une aide financière. Entre la mi-octobre et le début décembre 2024, la victime effectue six versements, totalisant un peu plus de 97'000 francs, vers plusieurs comptes différents, en Lituanie, en Allemagne et en Suisse.

Suite à cette perte, la sexagénaire dépose une demande de prestations complémentaires en février 2025. Mais la Caisse de compensation du canton de Fribourg la refuse. Sa fortune nette est en effet calculée en incluant les sommes escroquées, comme un "dessaisissement volontaire" et dépasse donc le seuil légal de 100'000 francs. L'assurée conteste, affirmant avoir été manipulée en raison de sa fragilité psychique.

Plusieurs avertissements

Mais la justice rejette son recours. Dans un arrêt du 21 avril, le Tribunal cantonal souligne que la recourante a reçu de multiples alertes. Différents établissements bancaires ont refusé certains virements et l'ont mise en garde contre une possible escroquerie. La sexagénaire a poursuivi les transferts, allant même jusqu'à inscrire de faux motifs de versement – "loyer" ou "supplément pour la maison" – pour que les paiements soient effectués.

Dans son recours, la Fribourgeoise invoquait son état de santé psychique pour expliquer sa vulnérabilité. Mais selon les juges, un rapport de son psychiatre traitant ne permet pas de prouver une éventuelle incapacité de discernement au moment des faits. Le tribunal relève au contraire que les rapports médicaux antérieurs font état d'un "champ de conscience clair, d'une attention soutenue et d'un discours cohérent".

"La Cour estime qu'une personne raisonnable, dans la même situation et les mêmes circonstances, n'aurait en aucun cas effectué ces versements et donc que la recourante a agi imprudemment", ajoute l'arrêt. "Par conséquent, les versements effectués doivent être assimilés à un dessaisissement
volontaire."

La décision du Tribunal cantonal peut encore faire l'objet d'un recours auprès du Tribunal fédéral dans les 30 jours.

Frapp - Mattia Pillonel
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