Athletissima: L'Audreymania frappe Lausanne
Toute fraîche championne d'Europe du 800 m, Audrey Werro va pouvoir tester sa popularité vendredi à Athletissima. Car la nouvelle reine de l'athlétisme suisse, c'est bien elle. Et elle le vit bien.
Au moment d'annoncer les trois derniers athlètes de la conférence de presse, Sarah Atcho-Jaquier n'a pas hésité à voir les choses en grand. Pour évoquer la Fribourgeoise, la sprinteuse a utilisé le mot "reine". Celles et ceux qui ont vu les images après son triomphe européen se souviennent qu'Audrey Werro arborait une couronne en plus de sa médaille d'or autour du cou.
Et il est évident que la sociétaire du CA Belfaux va remporter les suffrages à l'applaudimètre. La chouchou du public, ce sera elle. Un statut privilégié dont certaines athlètes ont bénéficié avant elle. Les plus anciens se souviendront d'Anita Protti. Il y eut ensuite Lea Sprunger et aujourd'hui encore les soeurs Kambundji, Mujinga et Ditaji. Toutes peuvent avancer que le public n'avait d'yeux que pour elles. Mais aujourd'hui, la reine d'Athletissima se nomme bel et bien Audrey Werro.
La "Audreymania"
Lors de la conférence de presse du mois de juin à Lausanne, la Fribourgeoise revenait d'Ostrava où elle avait réussi 1'54''45, ce qui constituait alors sa deuxième meilleure performance en carrière. Sauf qu'après, il y a eu le meeting de Paris où Werro a coupé la ligne en 1'53''80 pour retrancher 0''18 à son record de Suisse établi 21 jours plus tôt à Stockholm. Elle avait avoué sentir un changement de statut à la suite de ses chronos exceptionnels.
Mais après le titre européen à Birmingham, la "Audreymania" s'est abattue sur la Suisse et même à l'international.
Qu'en pense la principale intéressée? "J'avais senti la différence en juin, mais là c'est encore autre chose. Et je pense que cela va avec les performances de ces derniers mois. Dans tous les cas, c'est vraiment positif." Cette célébrité relativement soudaine s'accompagne d'une attractivité médiatique grandissante qui peut être énergivore. "C'est clair que ça demande de l'énergie, mais je ne suis pas seule. J'ai toute une équipe qui m'accompagne et qui m'aide à gérer toute cette attention. Au final, je n'ai pas l'impression que ça me coûte autant d'énergie que ça."
Plus vite que Jarmila?
Depuis qu'elle est devenue la troisième femme à courir sous les 1'54, on ne parle que du record du monde de Jarmila Kratochvilova (1'53''28) et de quand elle espère le battre. Il n'existe pas une conférence de presse où la Tchèque et son temps réalisé à Munich en 1983 ne sont pas évoqués. N'en a-t-elle pas marre? "Je comprends que les gens se posent cette question et c'est vrai que c'est une question qui revient quasiment lors de toutes les conférences de presse. J'essaie vraiment de me dire que je veux juste courir vite, je n'ai pas envie de me mettre de la pression pour ce record du monde. Je sais qu'il tombera un jour, mais je ne sais juste pas quand. Ce que je veux, c'est prendre du plaisir sur les courses."
Interrogée sur le temps de passage idéal aux 400 m pour espérer une autre performance mémorable, la championne d'Europe a répondu que 55''50 serait une excellente base. Sans Keely Hodgkinson, qui sera présente au Weltklasse la semaine prochaine, Audrey Werro sera poussée dans le dos par Femke Broeders-Bol. "C'est clair que ce serait certainement plus simple d'aller très vite si Keely était là, mais avec de bonnes conditions et un lièvre qui fait bien son travail, c'est tout à fait envisageable de faire un super temps", appuie-t-elle.
Un meeting spécial
Timide lors de ses premières apparitions devant les caméras, Audrey Werro a également progressé dans son rapport face à la presse. Sans aller jusqu'à dire qu'elle est comme la lionne qu'elle aime mimer une fois la ligne d'arrivée franchie, la Fribourgeoise a gagné en assurance. Elle n'a pas peur de dire les choses, de montrer son ambition. Parce qu'elle demeure une jeune femme de 22 ans avec sa part de timidité, cette confiance en elle ne se transforme pas en arrogance. C'est simplement qu'Audrey Werro croit en elle.
Et bien qu'elle soit Fribourgeoise et fière de ses origines, Athletissima et la Pontaise occupent une place de choix dans son coeur. "C'est un meeting que j'apprécie, surtout que j'ai eu l'habitude de le faire quand j'étais beaucoup plus jeune, en pré-meeting. J'y ai de très bons souvenirs et il y a toujours toute ma famille et tous mes amis qui viennent, donc c'est vraiment un plaisir de courir ici."





