Attaques de bancomat: deux complices nient toute implication
Ils sont accusés d'avoir dévalisé le distributeur du restoroute de la Gruyère, en 2022. Deux cinquantenaires passent devant les juges à Bulle.

Le deuxième jour du procès s'ouvre ce jeudi, après une première journée d'audience mardi devant le Tribunal pénal de la Gruyère. Les prévenus, tous les deux dans la cinquantaine, se sont présentés dans des tenues très simples: t-shirts sombres, les cheveux et la barbe grisonnants. Depuis trois ans et demi, ils dorment en prison dans l'attente de leur jugement.
Dans l'acte d'accusation, quatre attaques à l'explosif sur des bancomats sont retenues. Une première au Pont, dans le Jura vaudois. Puis, entre juin et novembre 2022, deux coups sur sol fribourgeois, à Avry-devant-Pont et Gumefens. La dernière tentative, qui n'implique qu'un des deux accusés, s'est soldée par l'arrestation en flagrant délit de deux membres de la bande alors qu'ils tentaient de forcer un bancomat à Villaz-St-Pierre, en janvier 2023.
De là, la police a reconstitué le parcours du trio, qu'elle identifie comme étant à l'origine de ces attaques qui ont marqué le canton. Selon elle, le groupe, basé en France, est très organisé et a traversé la frontière pour effectuer des repérages avant chaque attaque.
La bande n'est repartie qu'une seule fois avec du butin, après l'explosion du distributeur du restoroute de la Gruyère. Une somme estimée à de 410'000 francs d'après le Ministère public.
Le troisième membre, lui aussi pincé à Villaz-St-Pierre, a déjà été jugé il y a près de deux ans. Les autorités ont souligné sa bonne coopération au cours de l'enquête, qui s'est révélée particulièrement difficile et a nécessité une aide importante de la part de la police française.
Des coïncidences et des soupçons infondés
Les deux hommes ont pris la parole pour répondre aux questions des juges mardi. De manière générale, ils nient toute participation aux attaques, au-delà de ce qui a été capturé par des caméras de surveillance.
Le plus jeune des deux, une paire de lunettes carrés sur le nez, confirme avoir été pris en photo par le bancomat de Villaz-St-Pierre le soir de son arrestation. Mais selon ses dires, il n'était là que pour surveiller les alentours et n'a pas touché au distributeur.
L'autre prévenu, arrêté quelques semaines après ses deux complices présumés, n'a pu être connecté à aucune scène de crime par son ADN ou ses empreintes digitales. S'exprimant d'une voix grave, il affirme que la police l'a désigné comme responsable uniquement parce qu'il connaissait les autres prévenus et qu'il possédait déjà un casier judiciaire.
De nombreux indices, dont la localisation de son téléphone et son interpellation à Morges, en compagnie des deux autres inculpés, suggèrent pourtant des liens étroits avec eux. Lui dit ne se rappeler que des balades ordinaires, sans aucune discussion de délit ou de repérage. "J'avais la tête pleine de shit, à cette époque", se défend-il encore.
Les deux accusés ont déjà séjourné plusieurs fois en prison, en France et en Suisse. Ils risquent une expulsion du territoire à l'issue de leur peine. Le verdict est attendu d'ici à vendredi.


