Carnaval d'Evolène au patrimoine immatériel

"Tradition séculaire connue de tous les Valaisans", le Carnaval d'Evolène fait désormais officiellement partie de la liste du patrimoine culturel immatériel du canton. L'annonce officielle a eu lieu en ce lundi gras, dans le cadre des festivités carnavalesques.

Les empaillés, parmi les personnages les plus emblématiques du Carnaval d'Evolène, défilent le dimanche de l'événement, avec leurs quelque 30 kilos de paille (image d'archive). © Keystone/VALENTIN FLAURAUD

Les personnages du carnaval d'Evolène - incarnés par les gens de la région - sont connus bien au-delà des frontières du canton. Les célèbres empaillés ont d'ailleurs déferlé dans le village la veille, lors du traditionnel défilé du dimanche. Mais chaque Patôyè (peluche) Choudâ (soldat), Marye (Maries) ou Boeùthe (boîtes) raconte et s'inspire à sa manière de "la vie locale", relève le comité d'organisation de l'événement.

"Traversant les générations sans que l'on sache véritablement le dater, ce carnaval se distingue par son caractère vivant, la diversité de ses personnages et sa capacité d'adaptation dans un monde toujours plus normé", poursuit-il encore.

Ce patrimoine est désormais officiellement reconnu par l'Etat du Valais. Le rendez-vous pour l'annonce officielle a été donné lundi soir à 19h30 sur la place de l'église du village évolénard, animé par l'esprit et activités du carnaval.

"Traditionnel, contemporain et vivant"

"Véritable tradition vivante, le Carnaval d’Evolène a évolué avec son temps, et à travers ceux qui portent ces masques, ou qui travaillent dans l’ombre à le faire exister", déclarent les organisateurs. Par la main des artisans, des couturières, des bénévoles, il perdure et épouse les inspirations de ceux qui le façonnent." Ce caractère "vivant" de la tradition remplit ainsi aussi les critères de l'UNESCO pour intégrer la liste du patrimoine culturel immatériel, poursuivent-ils.

La semaine dernière, le comité d'organisation de la Foire du Valais a lui aussi annoncé faire désormais partie de la liste du patrimoine culturel immatériel du canton. Cette dernière recense donc officiellement deux entrées de plus, parmi la trentaine qu'elle comptait déjà. Cinq d'entre elles sont d'ailleurs aussi reconnues par l'UNESCO: la saison d'alpage, l'irrigation traditionnelle, l'alpinisme, la construction en pierres sèches et les savoir-faire liés à la gestion des avalanches.

Figurer sur la liste cantonale est une étape nécessaire pour qu'une tradition soit reconnue au niveau national. De même, l'inscription à un inventaire fédéral est la condition sine qua non de toute nomination sur les listes internationales de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture du patrimoine culturel immatériel. Pour mémoire, l'UNESCO a inscrit le yodel suisse à sa liste représentative en décembre dernier.

ATS
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