Charge mentale: pourquoi le mois de juin épuise les parents

Pique-nique, cadeaux, fêtes d'école, vacances... En juin, la charge mentale des parents atteint souvent son sommet. Une psychologue explique pourquoi.

Entre boulot, enfants et vie sociale trépidante, pas facile de rester zen en juin © pexel

Chaque année en juin, c'est la même chanson. Vous êtes sur les rotules et vous n'attendez qu'une chose: vous prélasser sur une plage de sable fin et ne plus penser à rien. Mais avant, il y a cette période que tout parent redoute: la fin d'année scolaire. 

Vos semaines, déjà chargées, se transforment alors en véritable marathon. Ne pas oublier le pique-nique pour la course d'école, préparer un gâteau pour la fête de la crèche (franchement, vous aviez vraiment besoin de vous porter volontaire ?!), dénicher un cadeau pour la maîtresse. Avec ça, vous devez encore boucler vos derniers dossiers, confirmer vos réservations d'hôtel et organiser la garde du chat. En résumé, votre charge mentale pèse une tonne et vous êtes au bord de l'implosion.

Stress, perte de sommeil et irritabilité

Cette surcharge n'est pas sans conséquence, selon Virginie Rollin, psychologue et psychothérapeute. "Le cerveau est en hypervigilance, avec des répercussions sur le stress, la récupération et le sommeil. On devient irritable, ça provoque des tensions dans les familles et la communication devient très difficile."

Avant, les parents nourrissaient, protégeaient et éduquaient leurs enfants. Aujourd'hui, ils doivent aussi les aider à se développer socialement, sportivement et numériquement

Dans ses consultations à Fribourg et à Bulle, elle reçoit des parents épuisés par des sollicitations incessantes, non seulement en juin, mais toute l'année. "Avant, les parents nourrissaient, protégeaient et éduquaient leurs enfants. Aujourd'hui, ils doivent aussi les aider à se développer socialement, sportivement et numériquement. Il y a beaucoup d'attente."

Des semaines et des week-ends sans répit

Selon la psychologue, les parents ont aussi peur que leurs enfants s'ennuient. Ils multiplient les activités, les sorties et les invitations. Leurs semaines sont chargées à bloc...et leurs week-ends aussi. "Il n'est pas question de s'isoler socialement, nuance Virginie Rollin, mais on n'a pas besoin de tout le temps voir du monde. Il faut apprendre à ralentir le rythme et accepter les moments "off".

Les mères toujours en première ligne

Elle relève encore que les pères s'investissent davantage. Mais ce sont encore les mères qui supportent l'essentiel de la charge mentale. Elles anticipent et organisent la vie familiale, non seulement en juin mais tout au long de l'année. Pas facile pour elles de sortir de ce rôle et d'impliquer davantage conjoint et enfants dans la planification du quotidien. 

6 conseils pour souffler 

Mais finir en burn-out n'est pas une fatalité. Alors même si c'est toujours plus facile à dire, voici quelques petits rappels:

  • Accepter de ne rien faire. Tous les week-ends n'ont pas besoin d'être remplis. Les temps morts sont aussi utiles aux enfants qu'aux adultes.
  • Arrêter de viser la perfection. Une pizza surgelée de temps en temps ne fera de mal à personne.
  • Ne plus se comparer. Chaque famille fonctionne différemment. Ce qui marche chez les autres n'est pas forcément un modèle à suivre.
  • Déléguer davantage. Les enfants peuvent participer selon leur âge et le conjoint peut aussi prendre sa part de l'organisation.
  • Demander de l'aide. Famille, amis ou voisins peuvent parfois donner un coup de main. Il ne faut pas hésiter à solliciter son entourage.
  • Consulter si nécessaire. Lorsque la charge mentale devient trop lourde, en parler avec un professionnel peut permettre d'éviter l'épuisement.

RadioFr. - Sarah Camporini
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