Cremo: le Conseil d'Etat ne s'en mêlera pas
Face aux inquiétudes de plusieurs députés sur l'avenir de Cremo, le Conseil d'État fribourgeois refuse d'intervenir dans la gestion du groupe laitier. Il estime qu'une telle démarche créerait un précédent.

Il achète le lait d'environ 1'800 producteurs des cantons de Fribourg, Vaud, Valais et Berne. En 2024, il a transformé 363 millions de kilos d'or blanc et il emploie aujourd'hui 660 collaborateurs. Deuxième plus grande laiterie de Suisse, Cremo joue un rôle majeur dans la filière. Mais sa santé financière inquiète des députés fribourgeois.
En début d'année, 25 élus de différents partis ont demandé au Conseil d'État de créer une commission d'experts chargée d'évaluer les risques et de proposer des mesures. Selon eux, un affaiblissement de Cremo pourrait avoir des conséquences pour les producteurs de lait, les emplois, l'économie cantonale ainsi que la stratégie fribourgeoise en matière d'agroalimentaire et de bioéconomie.
Le gouvernement leur répond aujourd'hui: il refuse de s'immiscer dans la gestion du groupe laitier.
Pas d'ingérence
Le Conseil d'État rappelle que Cremo est une société anonyme de droit privé, active sur un marché concurrentiel. Il estime qu'une intervention du canton créerait un dangereux précédent et qu'elle ne relève pas de sa mission. Le gouvernement souligne aussi qu'il ne dispose pas des données internes de l'entreprise lui permettant de réaliser une analyse économique approfondie et qu'il serait illusoire d'établir des scénarios sur la base d'hypothèses non vérifiées.
Faire confiance à Cremo
L'exécutif estime que les plans d'assainissement, les réformes et les restructurations engagés par Cremo doivent permettre à l'entreprise de retrouver une situation économique saine. Il partage l'analyse de son principal actionnaire, la Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie, qui soutient le conseil d'administration et salue la réforme de sa gouvernance.
Le Conseil d'État estime qu'une intervention de l'État risquerait d'envoyer un mauvais signal aux clients, fournisseurs et partenaires de Cremo, en remettant en cause la crédibilité du plan d'assainissement engagé par l'entreprise.
Des soutiens ciblés
Le gouvernement précise toutefois que des échanges sont en cours avec Cremo afin d'examiner les possibilités de soutien à l'investissement industriel prévues par les dispositifs existants, notamment sous la forme de subventions, de prêts ou de cautionnements.
Il s'engage également à tenir régulièrement le Grand Conseil informé de l'évolution du dossier. Au vu de ces éléments, il recommande de rejeter le mandat.
Le CV de Cremo
- Société anonyme de droit privé
- Siège à Villars-sur-Glâne (FR)
- 660 collaborateurs et collaboratrices
- Deuxième plus grande laiterie de Suisse
- Achète le lait d'environ 1'800 producteurs des cantons de Fribourg, Vaud, Valais et Berne
- A transformé 363 millions de kilos de lait en 2024
- Premier producteur de Vacherin Fribourgeois AOP, avec environ 1'000 tonnes par an
- Acteur clé de la régulation du marché laitier suisse, grâce à la transformation des excédents de lait en beurre et en poudre de lait
- Perte de plus de 17 millions de francs en 2025
- Objectif : renouer avec les chiffres noirs en 2027


