Si Cremo n'est plus là: "Que vont faire les agriculteurs?"
La situation de Cremo à Villars-sur-Glâne, inquiète. Des députés interpellent le Conseil d'Etat. Interview de l'une d'entre eux: la socialiste Alizée Rey.
La Télé: Pourquoi avoir déposé ce mandat? Pour une analyse de la situation?
Alizée Rey: Cremo est un pilier important de l’économie fribourgeoise. On peut parler d’une entreprise d’importance systémique. Si Cremo vacille, c’est toute la filière qui peut trembler. Pour nous, c’était important de pouvoir nous engager sur cette thématique-là, parce que ça ne concerne pas uniquement l’entreprise, ça concerne aussi les productrices et producteurs de lait.
Qu’est-ce qui vous a mis la puce à l’oreille pour lancer ce mandat? Qu’est-ce qui vous a inquiété?
Les dernières années ont été difficiles, sans compter le fait qu’il y a eu des changements à la tête de Cremo. On voit que le Conseil d’État s’engage peu sur cette question. Pour nous aussi, l’aspect conjoncturel avec la surproduction laitière actuellement est difficile. Si on a trop de production de lait et qu’en plus le transformateur est dans une situation compliquée, ça peut créer une situation encore plus catastrophique. Il faut absolument qu’on puisse agir et que le canton puisse anticiper et ne pas subir s’il arrive malheur.
Concrètement, que peut faire le canton si Cremo va mal?
Mettre autour d’une table tous les acteurs concernés, que ce soit les agricultrices, agriculteurs, Cremo ou les politiques. Le canton doit aussi analyser ce qu’il peut faire au niveau des mesures. C’est le rôle de cette commission, c’est pour ça qu’on l’a demandé. Il peut aussi agir d’un point de vue intercantonal ou fédéral.
De voir des députés de droite et de gauche signer cette demande au Conseil d’État, c’est alarmant pour Cremo? Ça veut dire que la situation est grave?
Ça veut dire surtout que l’entreprise a une importance systémique pour le canton. Quand on voit actuellement les questions liées au prix du lait, la surproduction qui s’annonce… Ce lait, il faut quand même en faire quelque chose. Quand il y en a trop, on peut le transformer en produit à faible valeur ajoutée, comme le beurre, par exemple.
On a contacté Cremo pour savoir si l’entreprise voulait venir aujourd’hui sur le plateau. Ils ont refusé de venir. En revanche, ils se sont dit prêts à répondre à toutes les questions de la part du gouvernement et des députés. Quelles seraient vos questions?
En tant que conseillère communale à Villars-sur-Glâne, je voudrais connaître leur situation. Voir où ils en sont et surtout savoir s’il y a des besoins qui peuvent être amenés par la politique. Parce que pour ma commune, mais aussi et surtout pour le canton, comme je l’ai rappelé, c’est d’importance systémique.
Que craignez-vous pour les producteurs laitiers fribourgeois?
Comme je l’expliquais avant, Cremo est un transformateur. En cas de surproduction de lait, si l’entreprise n’est plus là, que vont faire les agricultrices et agriculteurs qui produisent du lait? Il faut trouver d’autres transformateurs alors que le marché est déjà saturé.
Est-ce qu’on peut savoir à peu près dans quel délai on pourra avoir des réponses à ce sujet?
Le mandat a été déposé en février. Le Conseil d’État a cinq mois pour y répondre. J’espère qu’il ne va pas attendre le dernier moment, mais il doit aussi faire tout le travail. J’espère que d’ici l’automne ou plus tard, on aura cette réponse.




