Danser pour décrocher le rêve américain
Une trentaine de danseuses monteront samedi sur scène à Fribourg pour un show à l'américaine. L'une d'entre elles partira à Los Angeles.

Devenir danseuse professionnelle en Suisse, c'est quasiment mission impossible. C'est pourquoi Valentine Vogt s'est envolée pour les Etats-Unis en 2021 avec un visa d'artiste en poche pour vivre son rêve. Et ça a marché! Depuis, cette pro de dancehall et danse orientale aimerait que d'autres puissent suivre le même chemin. Elle a donc mis sur pieds le projet "One Year, One dream".
Durant six mois, une trentaine de jeunes filles se sont entraînés à Fribourg avec des pros pour monter un show à l'américaine. Elles seront 25 à se produire samedi 26 septembre sur la scène du théâtre Equilibre à Fribourg. Le public pourra découvrir plusieurs tableaux mélangeant hip hop, danse orientale, breakdance ou contemporain. Des billets sont disponibles ici.
RadioFr: Vous allez faire un show qui s'appelle "One Year, One Dream". Mais c'est bien plus qu'un show de danse, c'est tout un programme. Est-ce que vous pouvez nous expliquer?
Valentine Vogt: Bien sûr. En fait, "One Year, One Dream", c'est une année de formation pour des danseuses de toute la Suisse. C'est ouvert à tout le monde. On a deux groupes. Un groupe est focus sur l'entraînement et un groupe est focus sur le show. Ce programme est encadré par des professionnels de l'industrie. Ce sont donc des profs qui travaillent dans le milieu de la danse et qui sont aussi reconnus internationalement. Ainsi, durant six mois, on travaille la technique et, durant les autres six mois, on prépare des tableaux qu'on va présenter à Equilibre, qui sera le show final prévu pour clore ce beau programme d'une année.
Que pourra-t-on voir samedi, exactement?
Il y en aura vraiment pour tous les goûts, c'est tout public. On va passer du hip hop, de la danse orientale, du break dance et du contemporain. Mais c'est bien plus que ça. En fait, l'idée de ce spectacle, c'est le live show. Le but sera de vraiment ressentir les frissons et les émotions de concert, comme si on y assistait avec les artistes. Et bien sûr, des professionnels sont invités en tant que guests, en plus de nos danseuses à nous.
Comment se sont passées les répétitions? Est-ce que ces danseuses sont prêtes?
Oui, elles le sont. C'est vrai qu'elles ont eu six mois pour se préparer, mais ce n'était que quatre heures par mois avec un chorégraphe. Ainsi, elles n'ont eu que quatre heures pour apprendre chaque tableau. Et il faut savoir que c'est des styles différents. En somme, c'était quatre mois pour quatre styles différents.
Et, après ce programme, on a eu deux répétitions de huit heures. Donc seize heures de répétitions en tout, où on commençait le matin jusqu'au soir, huit heures non-stop. Elles ont vraiment travaillé très, très dur.
Et, pour finir, ce sera le rêve américain qui se réalisera pour une danseuse.
Absolument. En fait, je me suis rendue compte que, en Suisse, il y a un gros souci pour les personnes qui aimeraient faire de la danse leur métier. Il y a quelque chose qui cloche et pas assez d'opportunités. Pour y arriver, le mieux, c'est d'aller à Los Angeles, où tout se passe. Donc là, on va donner cette chance à une danseuse d'expérimenter ça, toucher le rêve du bout de ses doigts. Pour choisir l'heureuse élue, tous les profs se sont concertés et ont choisi leur coup de cœur. Ainsi, le programme payera une semaine complète de formation à Los Angeles à cette danseuse.
Personnellement, vous avez fait le choix d'y aller, il y a quelques années. Comment se passe la vie là-bas en tant que danseuse pro?
Ce n'est pas facile. Je suis partie en 2021 avec un visa artiste. J'ai tout laissé ici et je suis partie à l'inconnu, en me disant: "On verra". Sur place, c'était beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail et beaucoup de challenges. On doit toujours rester au top, sans savoir de quoi sera fait le lendemain. De plus, la vie sur place est chère et la concurrence est énorme. Mais c'est une belle leçon de vie.
Un de vos postes devant le panneau Hollywood a été reposté par le compte officiel de Shakira. Dans quelle mesure cela vous a fait de la pub?
C'était assez drôle et totalement inattendu. À la base, cela ne devait être qu'un petit challenge, histoire de faire quelque chose de différent. Et, tout d'un coup, la vidéo est devenue virale. Lorsque Shakira l'a repostée, mon profil Instagram est monté en flèche. De nouveaux abonnés ont débarqué, avec des vues en masse. Cela m'a fait beaucoup de pub et j'ai décroché de nouveaux contrats à Los Angeles après ça. C'est un peu un monde de requins.
Avez-vous de gros projets sur la table pour l'avenir?
Pas pour l'instant. Mais, dans ce milieu, on peut nous appeler à tout moment, pour le lendemain. Par contre, j'ai plein de projets personnels. J'ai envie de créer et d'amener de nouvelles choses. Pour réussir, il faut avoir une petite touche personnelle, une petite différence, être un petit peu unique.
Parmi mes atouts, j'ai la chance de faire de la danse orientale, ce qui est rare à Los Angeles. Et la dancehall, c'est pareil. Beaucoup aiment ce style, mais il y en a très peu qui ont vraiment les bases. Je pense que c'est ma force à Los Angeles.


