Les proches aidants devraient être davantage payés

C'est ce qu'estiment deux élus du Centre qui demandent une hausse des indemnités journalières. Ils visent une fourchette de 35 à 50 CHF.

Le Grand Conseil a accepté la motion. Le canton devra fixer une ligne directrice pour le montant à allouer aux proches aidants. © Unsplash

Les proches aidants jouent un rôle important dans la société. Ils s’occupent de personnes qui en ont besoin, leur évitant ainsi parfois d’être pris en charge par des structures d’accueil. Ces proches aidants, qui mettent souvent une partie de leur vie entre parenthèses pour aider leur enfant ou leur parent, ont droit à des indemnités journalières. Ces dernières se montent actuellement à 25 francs par jour au maximum dans le canton de Fribourg.

Deux députés du Centre, Bertrand Gaillard et Stéphane Sudan, veulent voir cette somme augmenter. Ils visent une fourchette de 35 à 50 francs pour tenir compte de l’augmentation du coût de la vie, mais aussi pour reconnaître l’importance de ce service à la communauté.

Pas du ressort du gouvernement

Dans sa réponse, le Conseil d’Etat indique qu’il reconnaît le rôle essentiel des proches aidants dans la société, puisqu’ils offrent une assistance indispensable et difficilement estimable pour de nombreuses personnes atteintes dans leur santé ou dans leur autonomie. Il estime toutefois que ce n’est pas à lui de prendre des décisions dans ce domaine, mais aux communes directement.

Finalement, le Grand Conseil a accepté la motion, saluant la proposition. Seuls quelques élus, PLR et UDC notamment, ont toutefois ajouté qu'il revenait aux communes de statuer. Aucun montant n'a été arrêté vendredi. Le Conseil d'Etat devra toutefois donner une ligne directrice aux communes.

Un travail à plein temps

Certaines personnes décident de mettre toute leur vie entre parenthèses pour s’occuper de leur proche qui a besoin d’aide au quotidien. D’autres doivent adapter leur emploi du temps. C’est le cas de Sylvie, qui est proche aidante pour son fils de 19 ans qui souffre d’un retard psychomoteur. Elle a droit à 20 francs par jour, car son fils ne passe pas l’entier de ses journées chez lui, il est aussi en atelier protégé. Malgré tout, il faut être là pour lui.

"C’est normal pour moi, c’est mon rôle de faire ça. Ça nous prend beaucoup de temps, mais on ne s’en rend même pas compte", indique la Glânoise.

Pour pouvoir être disponible pour son fils et ses besoins, elle a dû réduire son activité professionnelle, même si elle ne s’en occupe pas à plein temps. "Ça dépend des moments. Pour mon fils de 19 ans, j’ai dû dernièrement lui trouver un atelier protégé. Il faut aussi lui expliquer les possibilités qu’il y a pour lui et ça prend beaucoup de temps", confie Sylvie.     

RadioFr. - Lauriane Schott
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