L’accompagnement des jeunes en difficulté va changer
Dès l’été 2027, Fribourg réunira ses mesures d’insertion pour les jeunes dans un seul dispositif. Davantage de places et un suivi plus individualisé sont prévus.

Chaque année, des centaines de jeunes Fribourgeois terminent leur scolarité sans avoir trouvé d’apprentissage ou d’autre formation. Pour les aider à construire un projet professionnel, chercher une place ou combler certaines lacunes, le canton finance notamment des Semestres de motivation (SeMo) et des mesures de préformation. Environ 600 jeunes font appel chaque année à ce soutien. Dès l’été 2027, le canton réunira ces différentes mesures au sein d’un seul dispositif, baptisé ProgresS.
Aujourd’hui, les jeunes sont dirigés, selon leur profil, vers l’une des sept mesures proposées par quatre organismes. Le canton juge ce système trop cloisonné. Des listes d’attente, un manque de places, des possibilités plus limitées pour les germanophones et un manque de passerelles entre les mesures ont notamment été identifiés lors d'un travail lancé en 2022 avec les acteurs du terrain.
40 places supplémentaires
Avec ProgresS, une association qui n'est pas encore constituée, chaque jeune aura un référent qui suivra son parcours et pourra adapter son programme à ses besoins: recherche d’un apprentissage, ateliers pratiques, cours ou développement de compétences personnelles.
La capacité passera aussi de 310 à 350 places. Trois centres sont prévus dans le canton. Le futur dispositif coûtera environ 6,5 millions de francs par an, soit légèrement plus que les 6,385 millions actuels. L’essentiel sera financé par l’assurance-chômage, le reste par le Fonds cantonal de l’emploi.
Des emplois dans l’incertitude
Ce changement a des conséquences pour les professionnels qui accompagnent actuellement ces jeunes. Les prestations sont aujourd’hui assurées par quatre organismes: A2 Intégration à l'origine de ProgresS, REPER, la Fondation fribourgeoise pour la jeunesse et la Fondation Intervalle. Aucune garantie ne peut être donnée quant à la reprise de leur personnel dans ProgresS.
La Fondation Intervalle, dont cette activité constitue l'unique mandat, s’inquiète notamment pour sa quinzaine de collaborateurs. Le SPE rappelle que ces professionnels ne sont pas employés par l’Etat, mais affirme avoir demandé au futur prestataire de faire "tout son possible" pour en réengager un maximum.
Réactions de la FOPIS et d'Intervalle
La Fédération des organisations du personnel des institutions sociales, qui représente notamment du personnel de REPER et de la Fondation fribourgeoise pour la jeunesse, déplore elle aussi l’absence de garanties sur les emplois et demande des précisions sur les futures conditions de travail. Intervalle conteste par ailleurs certains aspects de la procédure ayant conduit au choix de ProgresS et réclame davantage de transparence. Le SPE répond que les quatre prestataires actuels pouvaient présenter un projet, que deux l’ont fait et que ceux-ci ont été évalués anonymement. Le projet retenu a été déposé par A2 Intégration et prévoit la création de l’association ProgresS.


