665'000 francs pour assainir l'église de Cerniat
Des eaux souterraines fragilisent les fondations de l'église de Cerniat, fermée au public depuis presque trois mois.

L'église de Cerniat est fermée au public depuis mi-janvier. En cause: des fissures apparues il y a 10 ans sur le revêtement des voûtes à l'intérieur du bâtiment et qui se sont fortement accentuées ces derniers temps. Une partie du plafond menace de s'effondrer, ce qui pourrait être un danger pour les visiteurs. Et l'église n'est pas prête à rouvrir ses portes, car d'importants travaux sont nécessaires pour faire face au problème.
Réuni lundi soir, le conseil de la paroisse de Val-de-Charmey a été mis au courant du montant total pour assainir l'ouvrage: 665'000 francs, selon le rapport du bureau d'ingénieur Fisica sàrl, mandaté pour analyser le problème. "C'est plus grave que ce que l'on pensait", admet Willy Buchmann, président du conseil de paroisse.
Celle-ci n'a pas la possibilité de faire un tel investissement "sans mettre en danger ses finances", confie Willy Buchmann. Un montant de 150'000 francs est assuré pour les travaux les plus urgents, qui doivent permettre de stabiliser temporairement la situation, selon le bureau d'ingénieur.
Un problème d'eau souterraine
Le problème viendrait en effet des fondations et de l'environnement. L'église s'enfonce très lentement dans le sol du côté de la route qui traverse la localité. "On se trouve sur le bassin versant de la Hauta Chia, il y a beaucoup d'eau souterraine qui ne fait pas bon ménage avec le mortier", explique l'ingénieur Marcel Alain Berset. L'église ne risque cependant rien et ne s'effondrera pas, rassure-t-il.
Une autre explication vient de la route qui traverse Cerniat et qui a été élargie dans les années 70. A l'époque, un mur et un chemin de ronde la séparait de la façade de l'église. Ils ont depuis été remplacés par un remblais, qui accumule encore plus d'eau dans les fondations. Une "fausse bonne idée", commente Marcel Alain Berset.
Le bureau d'ingénieur va mettre en place dans les prochaines semaines un système de surveillance des fissures au plafond en temps réel, et sonder le sol de l'autre côté de l'église, celui qui fait face à Charmey. Marcel Alain Berset souhaite également mandater un géologue pour analyser le terrain.
Quant à la question du financement, une fois les travaux urgents faits, le reste sera mis en "stand-by", explique Willy Buchmann. La paroisse est livrée à elle-même, elle ne recevra pas de soutien de l'Unité pastorale de Notre-Dame de l'Evi, ni de la Corporation ecclésiastique cantonale. Le conseil de paroisse prendra tout de même contact avec la commune de Charmey une fois que la nouvelle législature sera mise en place.


