Le toit de l'église des Cordeliers est en mauvais état
Des travaux de rénovation urgents doivent être entrepris pour près d'un million de francs. La communauté franciscaine cherche du soutien.

L'église des Cordeliers située au cœur du quartier historique de Fribourg appartient à l'ordre des Franciscains. Depuis quelques-temps, elle connaît des problèmes d'infiltration. Sa toiture est en mauvais état et nécessite d'importants travaux de rénovation. Les derniers remontent à plus de quarante ans.
"Il y a des tuiles cassées ou manquantes. Sur les côtés ombragés, il y a aussi pas mal de mousse qui s'est formée avec le temps", déplore Lukas Camenzind, responsable des archives et de la bibliothèque au Couvent des Cordeliers. Les chutes de tuiles menacent les passants sur la rue de Morat.
La communauté a donc besoin de trouver rapidement la somme de 894'000 francs pour financer cet important chantier. Un vrai défi, alors que l'ordre ne touche pas d'argent de l'impôt ecclésiastique, car il n'est pas rattaché à une paroisse.
"Nous allons entreprendre une campagne de demandes par courrier", explique le Père Daniel Brocca, gardien du Couvent. "Essentiellement à des entreprises, comme nous l'avons fait dans le passé, mais il existe aussi des fondations religieuses et civiles." La communauté espère également recevoir le soutien de la Loterie romande et de donateurs privés.
Contactés, le canton de Fribourg et la Confédération ont déjà annoncé qu'ils paieront la moitié de cette enveloppe sous forme de subventions, seulement si l'entierté de la somme est trouvée. Il faut dire que cet édifice religieux revêt une importance nationale. Jusqu'au XVe siècles, cette église était la plus grande et la plus importante de la Ville de Fribourg.
Un patrimoine bien gardé
L'église étant protégée, le Service cantonal des biens culturels impose des exigences strictes pour conserver son aspect historique. "On ne peut pas tout refaire à neuf. Il faut que la toiture puisse s'intégrer dans le paysage urbanistique", détaille Lukas Camenzind. Un critère qui a aussi compliqué les chantiers de rénovation de l'Hôtel de ville et de la cathédrale.
Pour les moines franciscains, l'enjeu est à la fois de préserver leur lieu de culte, mais aussi de protéger un patrimoine historique important, constitué depuis l'arrivée de la communauté à Fribourg, il y a plus de 700 ans. "C'est avec cette ville que nous avons grandi", rappelle Daniel Brocca. "Beaucoup de choses nous sont venues par des donations. Ce n'est pas seulement notre propriété."
En plus des rénovations, le projet doit permettre la création d'un accès facilité à la toiture grâce à une passerelle permanente, afin que l'entretien puisse à l'avenir être fait sans l'installation d'échafaudages.
Autre crédit pour l'illumination
A l'intérieur de l'église, l'éclairage doit également être refait. Un autre crédit de 250'000 francs devra être trouvé. Pour l'instant, des spots provisoires éclairent le retable des Maîtres à l'oeillet qui date de 1480. Mais l'oeuvre d'art n'est pas mise en valeur de manière optimale.

Il faut savoir que le riche mobilier médiéval et baroque, notamment les stalles du choeur datant de 1310, qui sont les plus anciennes de Suisse, sont sous la protection du canton. Lukas Camenzind précise: "ce n'est pas seulement une église qui est utilisée pour la pastorale ou pour des concerts. Mais c'est en quelque sorte aussi un musée qui contient des oeuvres d'art et des objets anciens qui doivent être préservés."
Durant les futurs travaux de rénovation, l'église restera accessible aux fidèles, pour la messe quotidienne entre autre.


