Comment garder les restos au cœur des villages?

Entre rénovations et rachats, plusieurs communes fribourgeoises investissent pour préserver leurs cafés-restaurants. Objectif: maintenir ces lieux de rencontre essentiels à la vie sociale des villages et éviter qu’ils ne disparaissent au profit de logements.

Au Châtelard, la commune vient d'entièrement rénover son restaurant, alors qu'à Gibloux, la commune en a racheté deux : la Pinte à Farvagny et le Café de l'Etoile à Corpataux. © La Télé

Les habitants du Châtelard peuvent enfin de nouveau se retrouver pour boire l’apéro et manger au restaurant du village. Il a réouvert après une année de rénovations entreprises par la commune, qui est propriétaire de l’établissement datant des années 1860. Pour le syndic, David Fattebert, il était important d’entretenir ce café pour qu’il dure le plus longtemps possible pour les générations suivantes: "Ce café c’est le centre de la vie sociale de notre village, tout le monde se retrouve ici."

En plus d’entretenir des liens sociaux dans le village, un restaurant qui appartient à la commune apporte aussi des avantages à ses tenanciers, comme l’explique Alexandre Kolly le gérant du Lion d’Or au Châtelard: "La commune est très raisonnable niveau loyer, on peut donc bien exploiter l’établissement. Si c’était privé, les loyers seraient probablement plus élevés."

Racheter pour ne pas perdre

Au Châtelard, le restaurant a toujours été propriété de la commune. Mais ce n’est pas forcément le cas partout. Par exemple à Gibloux, où la commune vient de racheter deux restaurants : la Pinte à Farvagny et le café de l’Étoile à Corpataux. « Si les communes ne prennent pas ça en main, le risque avec ces bâtiments qui se trouvent en plein centre des villages, c’est qu’ils soient transformés en appartements par des promoteurs privés » relève Julien Gremaud, syndic de la commune de Gibloux.

Les tenanciers respectifs des restaurants avaient annoncé leur départ. C’est donc à ce moment-là que la commune a saisi l’opportunité de les racheter. Et ça lui permet aussi d’éviter certaines problématiques « il pourrait y avoir une perte de lieu social, mais aussi un risque de village qui deviendra plus dortoir » note encore le syndic de Gibloux. C’est pour ça que la commune tenait à acquérir ces restaurants, par lesquels passe tout le lien social.

La commune de Gibloux a acquis la Pinte pour un montant de 1.4 millions de francs et le café de l’Étoile pour 925'000 francs.

La Télé - Maeva Carrel
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