Comment aider les sociétés villageoises?

La gauche plurielle de Belmont-Broye a organisé jeudi une soirée sur le lien entre habitants et le soutien aux associations locales.

Cinq intervenants, représentant la préfecture, la commission culturelle et des associations de la commune, ont participé à la table ronde. © La Télé

De nombreuses communes fribourgeoises redoutent l'étiquette de "cité dortoir." Des localités démunies de toute vie sociale, où les habitants partage peu de moments de rencontres, 

Depuis sa fusion il y a tout juste dix ans, la commune de Belmont-Broye a vu sa population fortement augmentée. Elle compte aujourd’hui près d’un tiers (31%) d’habitants en plus sur l'ensemble des quatre villages, avec son lot de constructions et de nouveaux quartiers.

Pourtant, les sociétés locales peinent encore à renouveler leurs comités. "Quand on fait des appels aux bénévoles, les gens répondent présents", salue Cindy Chassot, présidente de la commission senior. "Mais il est plus difficile d'avoir des gens qui organisent spontanément des événements. De plus en plus de personnes travaillent. On voit également une crainte des responsabilités, des conséquences graves que pourrait avoir un accident", regrette la conseillère générale.

Un programme pour les aînés, le Jeud'Activ, a ainsi réduit son nombre de rendez-vous à une activité par mois, faute de forces suffisantes pour assurer l'encadrement des participants.

L'engagement, en particulier à long terme, est à la baisse, même dans les grandes associations, comme la jeunesse de Domdidier, qui compte 70 membres actifs. "On a beaucoup de personnes motivées à faire partie de la société, mais parmi ces nouveaux arrivants, peu veulent prendre des rôles à responsabilités", confirme Ludovic Barras, président remplaçant.

Une forte demande en infrastructures

Les infrastructures sont un autre enjeu de taille. Les associations ont besoin d’espaces non seulement pour organiser leurs événements, mais aussi pour stocker leur matériel. La jeunesse de Domdidier fait face à un défi de taille: relocaliser sa célèbre bénichon, qui a lieu tous les ans en face de l'EMS les Lilas. "Un deuxième bâtiment va se créer à la place de notre local de jeunesse et le terrain sur lequel on organise la fête", rapporte Ludovic Barras. "Ce sera un gros enjeu sur ces prochaines années de retrouver un local et un emplacement adapté."

Lors des discussions, la question de l'accès aux informations et l'accompagnement dans les procédures reviennent à plusieurs reprises. La commune et la préfecture répondent aux questions lorsqu'elles sont contactées, reconnaissent les membres d'associations présents, mais on aimerait voir la création d'une plateforme de référence, accessible en tout temps, qui contiendrait les informations nécessaires pour organiser une manifestation et obtenir toutes les autorisations qui s'y rapportent.

Le soutien financier: "une goutte d'eau"

Pour la gauche plurielle, qui réunit le parti socialiste et les Vert.e.s, la commune peut aller plus loin pour aider les associations à s’organiser entre elles, accorder leurs agendas, s'entraider dans des tâches communes ou partager du matériel. "On ne remarque pas de baisse dans le nombre de sociétés", assure le vice-syndic de la commune Sébastien Formica, "ce qu'on voit, c'est que les associations ont besoin de nous pour avancer et remplir au mieux leur mission."

L'argent reste le nerf de la guerre pour fournir ce soutien. Face à la pression des charges à la hausse, le Conseil général a accepté d'augmenter son taux d’imposition de 78 à 85% pour 2026. Un référendum a été déposé contre cette décision.

Les subventions aux associations culturelles ou sportives sont elles maintenues, pour un montant total de 33'000 francs sur un budget de plus de 27 millions. "Une goutte d'eau", conclut Sébastien Formica.

La Télé - Simon Gumy
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