G. Zenhäusern: Titre, Wallmark et (déjà) la saison prochaine
Accompagné de la (tant attendue) coupe, le directeur sportif Gerd Zenhaüsern fait le bilan de la saison: le titre, les départs, les blessés et (déjà) la suite.

RadioFr.: Comment allez-vous après ce week-end?
Gerd Zenhäusern: Je vais très bien! C'est clair que quand on fête, on est heureux, on rêve. Et on est heureux parce que cela nous confirme qu'on est sur la bonne voie... Qu'on a ouvert une nouvelle page de ce club. Et on va continuer dans cette direction.
Vous osiez imaginer que Fribourg remporterait la coupe dès la première saison de Roger Rönnberg? Ou vous êtes-vous vous-mêmes surpris?
On est tous heureux et on sait qu'on a aussi eu de la chance dans ce processus avec tout ce qui nous est arrivé. Avec les blessures en début de saison, on a dû chercher des joueurs en cours de saison. On a eu des blessures avant les playoffs — quatre grands joueurs qui n'ont pas pu participer aux quarts de finale... On n'aurait jamais pu imaginer qu'on irait jusqu'au bout. C'est vraiment un rêve devenu réalité.
On savait qu'on pouvait gagner. On faisait partie des équipes dont on peut dire qu'elles peuvent gagner, parce qu'on croit en l'équipe, on croit en les joueurs. Mais on sait que c'est très difficile. Il faut un peu de chance. Et je pense qu'on a eu cette chance tout au long du parcours.
J'avais un peu le sentiment à la fin que c'était comme si c'était écrit. Car si on raconte le scénario qu'on a vécu depuis le début des playoffs à quelqu'un qui ne connaît rien au hockey sur glace, il ne le croira pas. Il y a tellement de hauts et de bas, tellement de choses qui se sont passées qu'on se dit que c'est impossible.
Ça ressemble presque à une mauvaise série! Il ne manquait plus que Julien Sprunger marque le but vainqueur...
Exactement (rires).
Un mot sur ce virage qui a déjà commencé, et plus particulièrement sur cette éclosion des jeunes et plus largement de ces joueurs qui ont pris de la place. Par exemple Simon Seiler. Il y a beaucoup de joueurs qui ont franchi un cap cette saison.
C'est la base de notre projet! Cela signifie qu'on veut développer tous les joueurs, qu'ils soient jeunes ou plus âgés. Julien aussi — je pense qu'il a fait une saison incroyable parce qu'il a travaillé. Et je pense que le staff d'entraîneurs était là pour le pousser, le challenger et le soutenir. Et c'est pareil avec les jeunes joueurs. C'était l'un des piliers de notre stratégie. Et ça a payé. Car c'est exactement là qu'on s'est dit que ça pouvait nous faire gagner. On n'a pas l'argent pour aller chercher encore cinq ou six joueurs de l'équipe nationale. Donc on doit travailler avec tout le monde.
Dès le premier jour, on a dit: on ne sait pas qui sera l'homme le plus important à la fin. Est-ce que ce sera peut-être le deuxième gardien? Est-ce que ce sera Galley qui peut jouer le 7e match? On ne le sait pas. Donc on devait travailler avec tout le monde. Et je pense que les jeunes joueurs ont aussi répondu présent. A la fin, il était tout à fait normal qu'ils prennent leur place et qu'ils jouent. Et ils jouent bien. On n'était pas surpris. Mais cela en a surpris certains. Car je pense que le travail du staff d'entraîneurs a été remarquable. Et c'était une récompense de voir ces jeunes joueurs s'épanouir.
Chaque joueur a une marge de progression, que ce soit Julien ou Simon Seiler, qui aura bientôt 30 ans?
Absolument. Je pense que c'est le travail du staff d'entraîneurs qui est important: voir le potentiel d'un joueur et ensuite essayer d'atteindre ce potentiel ensemble avec les joueurs. Il est clair que le joueur doit fournir un grand travail de son côté. Mais je pense que l'interaction entre les joueurs et le staff d'entraîneurs —le coordinateur défensif ou attaquant— c'est une discussion et un dialogue, presque quotidien, sur les détails. Je pense que cela a contribué énormément à un développement progressif. Et c'est ce qu'on a fait dès le début. Mais ce n'était pas simple, car cela demande beaucoup de travail et il faut sortir de sa zone de confort.
Si l'on suit votre logique, cela signifie que le Gottéron 2026-2027 sera encore meilleur, ou du moins devrait l'être?
C'est ce qu'on planifie, d'aller de l'avant. Je pense que c'est clair, qu'on ait gagné ou non. Notre analyse de la saison, la façon dont on a travaillé, reste la même. Les succès qu'on a réalisés, les points positifs, les moins bons, ou si on peut aller de l'avant — l'analyse reste la même. Je pense qu'on sait qu'on devra repartir de zéro la saison prochaine, ou déjà dans trois semaines. Mais on continuera d'avancer. On continuera à faire ce qu'on a fait la saison dernière. Peut-être à un niveau légèrement supérieur, avec des standards déjà établis — sur la façon dont on veut travailler, sur la façon dont on veut interagir entre nous, sur la façon dont on veut aider les coéquipiers, sur la façon dont on veut organiser les matchs et les entraînements. On espère que cela nous aidera à franchir un autre niveau.
Sur la saison qui vient, on se souvient de Genève en 2022-2023 — Champions League, puis 10e place la saison suivante. La saison post-titre peut être compliquée à gérer. Vous vous y préparez?
Je pense que si on part avec cet état d'esprit — que ce ne sera pas simple après avoir gagné — on y va déjà comme un défaitiste. On fera la même chose cette saison que ce qu'on a commencé la saison dernière. On sait qu'on doit repartir de zéro. C'est facile à dire. Ce n'est pas simple de repartir et de se remotiver. Mais c'est notre travail avec les joueurs, le staff d'entraîneurs, tous ceux qui gravitent autour de l'équipe, de vraiment dire qu'on a d'autres ambitions.
On joue la Champions League, il y a encore un titre à aller chercher. On a la coupe maintenant, en été, mais en août ou septembre on la rendra à la ligue. Et on pourra à nouveau aller en chercher une. Donc on avance avec cet esprit.
Est-ce que ce titre a changé quelque chose dans vos ambitions?
Non, parce qu'on a toujours eu l'ambition d'aller chercher un titre. On a vécu le siècle dernier avec la Coupe Spengler, et cette année, on a eu la chance d'aller chercher ce grand titre. Ça donne faim. Je pense que ce qu'on a vécu samedi avec le défilé — je pense que cela donne l'espoir de continuer à avoir du succès.
Un mot sur votre job à vous. Lucas Wallmark est officiellement parti. C'est un coup dur pour Fribourg?
C'est aussi une décision un peu familiale, quand on peut signer un contrat de 6 ans dans son club, avec de jeunes enfants qui vont aller à l'école. Je pense que c'est un choix logique. Comme on l'a dit, ceux qui veulent partir, on doit les laisser partir. Il n'y a rien à faire pour les retenir. Ou ceux qui ont d'autres ambitions, d'autres projets, on fait avec.
Je pense que ce ne sera pas si simple de le remplacer, un par un, comme on l'a vécu avec Lucas et Marcus. Ce sera difficile. Mais on a encore d'autres joueurs. On peut encore trouver une autre alchimie dans l'équipe. On avance. On est toujours orientés vers les solutions. Plutôt que de rester bloqués sur des décisions sur lesquelles on n'a pas forcément d'influence.
Votre approche en tant que directeur sportif, est-ce de chercher un remplacement "un pour un": un Wallmark bis? Ou peut-on s'orienter vers d'autres solutions?
On cherche d'abord un bon caractère. Je pense que si on n'avait pas eu de bonnes personnalités dans l'équipe, on n'aurait jamais gagné. La personnalité est primordiale pour nous. Bien sûr, il doit avoir un certain potentiel ou un certain talent pour jouer en National League.
La deuxième chose qu'on regarde, c'est s'il correspond au style de jeu qu'on veut mettre en place. Et la troisième question est de savoir si on a besoin de remplacer quelqu'un un pour un. Si on parle de la colonne du milieu, avec tous les centres, on en a bien assez! Il y a Taibel qui nous rejoint, Sandro Schmid qui joue au centre, Borgström qui joue au centre, De la Rose qui joue au centre, Walser qui joue au centre. Si quelqu'un vient qui peut jouer au centre, c'est bien, mais on n'a pas forcément besoin d'un remplacement un pour un.
Votre travail a déjà commencé — on a entendu parler dans la presse d'Anthony Richards, le Canadien...
Mon travail, j'ai commencé en septembre (rires) pour préparer la nouvelle saison. Et ça ne change rien. On n'attend pas la fin de la saison pour faire des transferts. Je confirme qu'on communiquera une fois que les choses se seront un peu calmées. Le club décidera de diffuser les informations nécessaires le moment venu.
Concernant les blessures de Sandro Schmid et Andrea Glauser. Est-ce que ça change quelque chose dans votre planification? Vous avez encore des ressources pour agir?
Pour le moment, on travaille avec le contingent qu'on a. On ne sait pas non plus exactement quand et comment ils reviendront. Plus ou moins, on l'estime, mais on ne le sait pas avec précision. On est prêts à commencer cette saison. Et ensuite on verra s'il y a encore des choses qui doivent s'adapter.
Vous avez dit que votre travail commençait en septembre... Et les vacances pour vous? C'est quand?
Alors, le travail ne commence pas en septembre — je me suis peut-être mal exprimé! Le travail a commencé en septembre pour la prochaine saison. Donc on anticipe presque d'une année entière. La période de vacances, pour moi, c'est en principe en juillet, où je coupe vraiment les choses.
Maintenant c'est un peu plus calme parce qu'on n'a plus de matchs le week-end. Mais ça ne s'arrête quasiment jamais: on l'a encore vu cette année avec la Coupe Spengler. Je crois que c'est le cinquième jour d'affilée qu'on est tous les jours en train de bosser. Mais ça en vaut la peine quand on peut terminer champion de Suisse à la fin.


