Pas de taxe sur les locaux commerciaux vides

Les élus fribourgeois ont longuement débattu, lundi, d'une motion demandant la création d'un nouvel impôt. La droite l'a finalement emporté.

La motion était portée par le syndic de la ville de Fribourg et une conseillère communale de Bulle (photo). © KEYSTONE

Face à la présence de vitrines vides dans certaines villes du canton, deux élus socialistes ont souhaité fournir un nouvel outil aux communes: une taxe sur les locaux commerciaux vacants. Une idée qui a provoqué de nombreuses prises de parole.

Cet impôt, créé sur une base volontaire, aurait visé les propriétaires de locaux commerciaux vides depuis au moins une année et aurait augmenté progressivement au fil des ans. L'objectif: inciter à la location de ces espaces, lutter contre la spéculation et favoriser la création d'emplois.

"Cet outil permettrait ainsi de lutter contre les effets négatifs que ces locaux vides ont sur l'attractivité des centres-villes", a assuré Kirthana Wickramasingam (PS), coauteure de la motion et conseillère communale à Bulle. 

Une motion balayée par la droite

Les arguments des deux motionnaires n'ont toutefois pas convaincu la majorité de droite. Selon le camp bourgeois, le texte se trompe de cible et punit les propriétaires, qui subissent déjà la vacance de leurs locaux.

Un propriétaire n'est pas heureux en se levant le matin de voir son local être inoccupé.

"Un propriétaire n'est pas heureux en se levant le matin de voir son local être inoccupé", a argumenté Bertrand Morel (Le Centre). De nombreux députés ont également demandé de s'interroger davantage sur les raisons de la vacance de ces locaux, pointant notamment du doigt les politiques de mobilité menées par les autorités des principales villes du canton.

"Je vais mettre le mot 'taxe' dans le titre de toutes mes motions quand je vois les émotions que ce mot suscite", a souri Elias Moussa (PS), deuxième auteur de la motion et syndic de la Ville de Fribourg. Le texte a finalement été rejeté par la majorité du Grand Conseil (30 oui, 58 non et une abstention), qui a suivi la recommandation du Conseil d'État.

RadioFr. - Léo Martinetti
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