Cas de harcèlement sexuel avéré au RFSM

Un médecin-directeur du Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) est incriminé pour abus de pouvoir et harcèlement sexuel. Il a perdu son poste.

L'employée concernée, défendue depuis le printemps 2020 par le syndicat des services publics (SSP) de la région Fribourg, était victime depuis plusieurs années de harcèlement sexuel et psychologique de la part de ce médecin-directeur, indique le SSP vendredi dans un communiqué. Le syndicat avait demandé l'ouverture d'une procédure formelle auprès de la direction du RFSM et de la Direction de la santé et des affaires sociales.

En mars 2021, la présidente du conseil d'administration du RFSM et ministre de la santé fribourgeoise Anne-Claude Demierre avait confirmé l'ouverture d'une enquête administrative suite à des soupçons de harcèlement sur le site de Marsens, dans le secteur de psychiatrie et de psychothérapie pour personnes âgées.

"Abus de pouvoir avéré"

Le SSP écrit vendredi que le rapport d'enquête établi suite à la procédure formelle, "transmis aux différentes parties", conclut à un "abus de pouvoir avéré" et à l'existence "tant objectivement que subjectivement" de harcèlement sexuel du médecin-directeur.

Ce dernier faisait des remarques dénigrantes et tenait des propos grossiers et déplacés, d'après le rapport. Il a aussi maintenu un climat empreint de remarques à caractère sexuel, d'allusions non déguisées à l'acte sexuel ou sous forme de séduction, et envoyé des messages à connotation sexuelle.

L'employée concernée s'est également plainte d'attouchements et de gestes déplacés sur le lieu de travail. Déstabilisée par un climat de peur, elle savait que, si elle ne lui donnait pas ce qu'il attendait ou s'opposait à ses demandes, elle risquait de perdre son emploi, lit-on dans le communiqué.

Encore "extrêmement" difficile

A la suite des résultats de l'enquête, le médecin-dirigeant a été démis de ses fonctions, note le SSP. Quant à l'employée concernée, elle a retrouvé son poste, avec un contrat de durée indéterminée, se félicite le SSP. Elle avait perdu sa place de travail au printemps 2020.

Le SSP indique qu'il reste toutefois encore "extrêmement" difficile pour les personnes concernées de faire valoir leurs droits. Il demande des adaptations de l’Ordonnance relative au harcèlement et aux difficultés relationnelles sur le lieu de travail ainsi que dans le mode de gestion au sein du RFSM.

ATS