Hausse du prix du lait: "c'est mieux que rien!"
Dès octobre, le prix du lait augmentera de 4 centimes. Nous sommes allés voir ce que cela changera pour un agriculteur broyard.

Il nous reçoit et répond aux questions dans la stabulation. A côté, toutes les vaches s'y sont réfugiées pour trouver un peu de fraîcheur. Les ventilateurs tournent. Les bêtes mangent, sans bruit, et se reposent. Tour à tour, elles se dirigent vers le robot de traite.
C'est désormais Doris qui s'approche. "Elle devrait produire dix litres à cette traite. Là, on en est à huit litres", commente Thierry Vojtasik. Avec son associé, il gère 65 vaches laitières et une exploitation d'une centaine d'hectares, dont du maïs, des céréales et des betteraves.
Le lait ainsi collecté est ensuite transféré dans une citerne et refroidi à 4 degrés. Cremo vient le chercher tous les deux jours.
Négociations compliquées
Bientôt, dès le mois d'octobre, ce lait sera vendu un peu plus cher. L'Interprofession du Lait (IP Lait) annonce une hausse de prix de 4 centimes par kilo pour le dernier trimestre de 2026.
"C'est mieux que rien! C'est un signal positif. Les transformateurs et les grands distributeurs ont pris conscience qu'on avait besoin d'une augmentation du prix du lait. C'est déjà bien, parce que les négociations sont compliquées", réagit le producteur broyard.
Une nouvelle positive, mais qu'il tient à nuancer. D'abord parce que cette augmentation ne vaut pas pour toute la production, mais uniquement pour le lait du segment A - le lait vendu en Suisse sous forme de lait, de yogourts, de crème, de beurre, ainsi que le lait transformé en poudre et en concentré destiné au marché européen.
Pour Thierry Vojtasik, cela signifie qu'un quart de sa production ne sera donc pas concernée par cette hausse tarifaire. La hausse annoncée reste donc insuffisante à ses yeux.
"On n'arrive toujours pas à couvrir nos coûts de production, souffle-t-il. Vendre à un prix qui correspond à nos coûts de production est une revendication de longue date..."
Le stress thermique provoque des baisses de fertilité et des problèmes de santé.
Mais une revendication qui prend tout son sens en cette année de sécheresse et de chaleur hors-norme, qui compliquent l'approvisionnement en fourrage et le quotidien des bêtes.
"On a vu la production de lait chuter de 10 à 15% cet été par rapport à un été moyen, confirme le paysan de 53 ans. Et puis les températures élevées et le stress thermique provoquent des baisses de fertilité et des problèmes de santé, avec des conséquences à moyen-terme."
C'est ce contexte particulièrement difficile qui a donc poussé IP Lait à prendre cette mesure exceptionnelle, dans un contexte, plus global, de surproduction laitière.
Coup de pouce du Parlement?
"C'était une nécessité, juge de son côté Sabine Guex, directrice de la Fédération des sociétés fribourgeoises de laiterie. C'est un petit réconfort, mais qui ne parviendra pas à garantir un équilibre financier pour les exploitations."
Producteurs et organisations comptent désormais sur un soutien de la Confédération pour cet hiver. Ils réclament une hausse temporaire et exceptionnelle de 4 centimes par kilo de lait, financée par un crédit supplémentaire.


