Violences: l'unité de l'HFR a déjà reçu 200 patients
L'unité de médecine des violences de l'Hôpital fribourgeois prend en charge les victimes depuis janvier. On fait le point après 8 mois d'activité.

Depuis son ouverture en janvier, l'unité de médecine des violences (UMV) de l'HFR a accueilli environ 200 personnes, soit une à deux consultations par jour. Un chiffre conforme aux projections de l'hôpital fribourgeois, au moment de lancer le projet.
Fractures, brûlures, griffures: les personnes qui sont soignées aux urgences de l'HFR et réorientées ensuite vers cette nouvelle unité spécialisée présentent des blessures de tout type.
Qui sont les victimes?
"40% des personnes accueillies dans cette unité sont victimes de violences domestiques. La plupart d'entre elles sont des femmes qui ont subi des violences conjugales", détaille Thierry Caron-Kriegel, infirmier-chef d'unité de soins de l'UMV.
"Dans les autres situations - 60% des cas environ - les victimes sont en grande partie des hommes touchés par des violences communautaires, c'est-à-dire lorsqu'il n'y a pas de lien de parenté entre la victime et l'auteur."
Cela peut être des violences sur le lieu de travail ou dans le voisinage, une bagarre dans la rue, ou encore une agression dans la rue.
Quels bénéfices?
Avant l'ouverture de cette unité spécialisée, dotée de professionnels spécifiquement formés à ces enjeux, les victimes de violence pouvaient discuter avec un médecin des urgences au moment de leur prise en charge, ou peu après. Aujourd'hui, elles bénéficient d'un accompagnement plus poussé. Et de plus de temps.
Dans les violences conjugales, il y a rarement un seul épisode. La patiente pourra nous raconter les antécédents.
"La consultation peut durer deux à trois heures," illustre Virginie Casellini-Le Fort, infirmière clinicienne spécialisée de l'UMV. "On va vraiment avoir le temps de récolter les informations nécessaires pour établir le constat de coups et blessures."
Un document important qui permettra au patient ou à la patiente de faire valoir ses droits, notamment si la personne souhaite porter plainte ou engager des démarches juridiques.
Proposer du soutien
Avoir du temps à disposition améliore clairement la prise en charge, poursuit Virginie Casellini-Le Fort. "Pour les violences conjugales par exemple, il y a rarement un seul épisode. La patiente pourra donc nous raconter les antécédents. Et puis elle a certainement vécu d'autres formes de violences, que ce soit des violences psychologiques, sexuelles ou financières."
Les infirmiers et infirmières évaluent aussi au cours de l'entretien les conséquences de cette agression sur la santé physique et psychologique de la patiente, pour l'orienter si besoin vers un ou une psychologue ou d'autres structures d'aide, comme Solidarité femmes.
Il est parfois difficile de faire prendre conscience aux patientes que les enfants sont des victimes directes des violences conjugales.
Un temps de consultation enfin précieux et nécessaire pour évoquer la question, délicate, des enfants.
"Lors des violences conjugales, les enfants sont souvent pris au milieu, explique l'infirmière clinicienne spécialisée de l'UMV. Même s'ils n'étaient pas présents lors de l'agression, s'ils étaient à l'école, ou s'ils dormaient. Cela prend du temps et il est parfois difficile de faire prendre conscience à la patiente que ses enfants sont aussi des victimes directes. Et de l'encourager à annoncer sa situation au Service de l'enfance et de la jeunesse, afin que tout soit mis en place pour protéger les enfants."
Après cet entretien, les victimes de violence restent libres d'engager ou non des démarches juridiques ou de se tourner vers d'autres institutions sociales. L'équipe n'effectue pas de suivi.
L'unité de médecine des violences est ouverte du lundi au vendredi ainsi que le samedi matin. Les consultations sont gratuites et confidentielles.


