Des solutions face au burn-out parental

Les premiers mois avec un nouveau-né sont parfois épuisants. Dans le canton, on peut se faire aider. Voici comment.

Durant la première année qui suit la naissance, la dépression du post-partum touche 1 femme sur 8, et presque autant d'hommes. © Pixabay

« L’accueil d’un premier enfant, c’est l’un des plus grands bouleversements. Ce qui est paradoxal, c’est que ce n'est connoté que positivement par la société », indique Chantal Valenzuela Schwaller, la directrice de l’Office familial Fribourg. « Les gens se sentent coupables de ne pas bien vivre ces événements », poursuit-elle.

Car tous les parents se sont déjà sentis dépassés une fois ou l’autre, après l’arrivée d’un nouveau-né. L’organisation familiale en prend un coup: les nuits sont hachées et le bien-être de l’enfant passe au premier plan, au point où les parents s’oublient. «Pendant le congé maternité, on peut se sentir un peu seul parfois. Il m'est arrivé de me demander si j’étais légitime de rester avec mon bébé », se souvient Véronique Rolli, maman d’une petite fille de 5 ans.

L'entourage comme pilier

« Il faut essayer de garder le plus possible un tissu social », conseille la directrice de l’Office familial Fribourg, ce qui permet surtout de se rendre compte que d’autres parents sont aussi passés par ces moments parfois compliqués.

Sauf que toutes les familles ne peuvent pas compter sur leurs proches, pour des questions géographiques par exemple. Il existe dès lors des associations, qui peuvent être un soutien pour les nouveaux parents. Parmi elles: l’association SuperMamans, un réseau de bénévoles qui préparent des repas pour les apporter gratuitement aux parents qui viennent d’accueillir un nouveau-né, le tout souvent accompagné d’un café autour d’une discussion. « J’ai connu cette association, juste avant la naissance de mon deuxième enfant », explique Pauline qui a accouché de son 3e enfant il y a quelques semaines. « Pour la maman qui reçoit un repas, c’est chouette, parce que c’est un repas en moins à faire, c’est un moment où on est avec nos enfants, ou alors où on peut faire autre chose pour soi. »

« Certains jours, on arrive à peine à poser notre bébé. Mon objectif de la journée, c’était d’arriver à vider le lave-vaisselle. On ne se rend pas compte avant de devenir parent. Donc se dire que quand j’aurai 5 minutes, je pourrai me poser et juste réchauffer le plat qu’on m’a apporté, c’est un grand soulagement », indique Véronique Rolli, qui est également membre de l’association SuperMamans. 

Une parenthèse dans le quotidien

Les premiers instants avec un bébé sont parfois difficiles, car il s’agit de jongler entre les besoins de tout le monde, avec des nuits beaucoup plus courtes. C’est un nouveau rythme à prendre. Mais parfois, les instants qui suivent, lorsque l’enfant est plus grand, peuvent aussi être pesants au quotidien. De nombreux parents se retrouvent dépassés et sont à bout. Si bien que certains craquent.

« Les premiers signes sont assez proches de ceux qu’on observe dans le burn-out. On peut parler d’une fatigue physique et psychique qui s’installe et qui dure. On peut avoir aussi l’impression d’une distanciation affective, d'être coupé de ses émotions, de ne plus ressentir ce petit plaisir de voir ses enfants arriver ou lorsqu’ils rigolent » énumère Chrystelle Nolde, psychologue-psychothérapeute au sein du Réseau fribourgeois de Santé Mentale (RFSM). 

Dans ce genre de situation, il est essentiel de ne pas être seul, et de nommer aussi son mal-être.  Mais aussi de prendre du temps pour soi. La Croix-Rouge propose des « bons de respiration » pour permettre aux parents qui n’en peuvent plus, de souffler durant 4 heures, un laps de temps durant lequel un collaborateur de l’Association vient s’occuper des enfants pour offrir une parenthèse aux parents à bout.

Il existe aussi des gardes d’urgence dans le cadre de « Chaperon Rouge », qui s’adressent aux parents qui doivent s’absenter en urgence, ou qui ont besoin d’une pause dans leur quotidien, lorsqu’ils se sentent dépassés. Un service qui s’adresse aux enfants âgés entre 0 et 12 ans, et dont le prix varie en fonction du revenu des parents. « Ce type d’action, c’est aussi de la prévention de la violence, de la maltraitance. L’idée, c’est de faire quelque chose avant que la situation s’aggrave », indique Valérie Ugolini, responsable du Service Aide aux familles, à la Croix Rouge fribourgeoise.

Reconnaître qu'on a besoin d'aide

Et si la situation devait échapper aux parents, il reste un conseil essentiel. Demander de l’aide lorsqu’on fait face à des difficultés.

« Il n’y a pas de honte à avoir. On n’est pas fautif de se sentir en surcharge ou en burn-out. Demander de l’aide, c’est même souvent une preuve d’amour et de force pour ses enfants », conclut Chrystelle Nolde.

Ecouter le dossier complet:

RadioFr. - Lauriane Schott
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