La nature prend possession de la Fondation Beyeler

L'artiste Olafur Eliasson fait fusionner, jusqu'au 17 juillet, les espaces intérieur et extérieur du musée en un gros étang de nénuphars.

Mi-exposition, mi-installation débordant le cadre intérieur du musée, "Life" fait entrer l'environnement extérieur dans l'espace intérieur de l'institution. Durant trois mois, l'étang du parc de la Fondation Beyeler à Bâle s'écoule jusqu'en son sein. La mise en scène de l'artiste islando-danois a nécessité le retrait d'une grande baie vitrée.

Dans les espaces intérieurs envahis par l'eau et les nénuphars, les "Nymphéas" impressionnistes de Claude Monet ont donc cédé la place au réel. La visite au coeur de l'étang vert s'effectue sur des pontons, également à l'intérieur du bâtiment.

Pour une fois, l'art n'est pas à découvrir sur les murs désormais vierges, il se vit en direct, sous les pieds des visiteuses et des visiteurs, ainsi que dans l'environnement qui les entoure.

Olafur Eliasson prolonge ainsi l'idée originelle de l'architecte Renzo Piano qui souhaitait faire fusionner le musée et son parc, à travers la façade vitrée du bâtiment, indique mercredi la Fondation Beyeler.

Ce faisant, l'artiste âgé de 54 ans suit son principe de base: considérer la vie non pas dans une optique anthropocentrée, mais dans une perspective biocentrée. Eliasson veut intégrer la vie entière dans ses oeuvres, plantes et micro-organismes compris, pas seulement l'être humain qui les découvre. Cette démarche l'amène à renoncer partiellement au contrôle sur ses créations.

ATS / Frapp - Aline Monferini