L'agriculture épargnée de coupes budgétaires
L'agriculture sera finalement épargnée des coupes budgétaires. Le National a, tout comme le Conseil des Etats, renoncé à imposer des mesures d'économie dans le domaine. Il a tranché mercredi contre l'avis de sa commission. Les votes étaient très serrés.

L'UDC, soutenu par le Centre ainsi que quelques élus de gauche et du PLR, a fait front contre la coupe d'un peu plus de 50 millions proposée par la commission des finances du National. La proposition faisait figure de compromis entre la volonté du Conseil fédéral de tailler encore davantage dans le domaine et celle du Conseil des Etats de procéder à aucune économie.
Il ne fait pas sens de pénaliser un secteur qui dépense déjà peu, ont argumenté plusieurs députés agrariens. La majorité de la gauche et certains députés PLR voulaient eux maintenir la coupe de 50 millions.
"On ne peut pas exempter complètement une branche de l'ensemble des mesures", avait déclaré Damien Cottier (PLR/NE) mardi. Pour la première fois depuis les années 1970 les salaires ont baissé pendant cinq ans dans tous les secteurs, pas uniquement l'agriculture, avait abondé Cédric Wermuth (PS/AG). Leurs arguments n'ont pas fait mouche.
Taxes sur les importations
Les députés ont également refusé les nouvelles taxes proposées par sa commission et qui devaient générer 175 millions de recettes supplémentaires par année. Elles visent les importations de céréales pour animaux et les denrées alimentaires consommées par l'homme.
Les arguments du lobby paysan ont pris. Il craint l'impact sur les éleveurs de porcs et de volailles, qui risqueraient de payer plus sans garantie de voir un retour sur investissement. Les consommateurs se retrouveraient aussi lésés par des prix plus chers, a plaidé Jacques Nicolet (UDC/VD).
Non à l'imposition du 3e pilier
Pas question également d'imposer davantage les retraits des 2e et 3e piliers. Le National a, tout comme le Conseil des Etats, fait front contre cette mesure souhaitée par le Conseil fédéral et soutenue par la gauche.
Les conseillers nationaux ont sinon refusé d'accélérer la mise en oeuvre du Public Liquidity Backstop (PLB), un mécanisme conçu à la suite de la chute de Credit Suisse qui force les banques d'importance systémique à contribuer financièrement au risque pris par la Confédération. Des recettes supplémentaires de 140 millions par année en résulteraient.
Gauche et droite ont voté contre, pour des raisons différentes. Le PS voulait taxer encore plus les banques, mais sa proposition a été balayée. Le camp bourgeois était lui très frileux à l'idée d'accélérer la mise en place du mécanisme.
Taxes incitatives "pas populaires"
D'autres propositions soutenues par la gauche et les Vert'libéraux, visant par exemple à augmenter les taxes sur le tabac et l'alcool, ont été rejetées. Jusqu'à maintenant, les tentatives d'introduire ce genre de taxes incitatives ont connu des échecs cuisants, avait déclaré la ministre des finances Karin Keller-Sutter.
Il est très difficile de les faire passer politiquement. Elle anticipait ainsi un probable vote populaire. Les débats sur le reste du paquet se poursuivent, notamment sur la politique climatique et les transports.


