La gauche échoue à couler le plan d'économie
La gauche a échoué mardi à faire capoter le plan d'allègement financier du Conseil fédéral. Le National est entré en matière sur le paquet par 128 voix contre 62, alors que socialistes et Vert-e-s voulaient le renvoyer au gouvernement. Les débats se poursuivent.

Les députés du PS et des Vert-e-s se sont succédé à la tribune pendant environ une demi-heure face à une salle presque vide pour plaider leur cause: le gouvernement doit revoir sa copie. Les économies voulues par le Conseil fédéral vont fortement péjorer les générations futures, estiment-ils.
"Arrêtons de faire croire que de laisser aux générations futures une politique climatique au rabais ou des infrastructures ferroviaires qui rouillent est la solution", a déclaré Gerhard Andrey (Vert-e-s/FR). Des coupes de plusieurs milliards de francs sont prévues notamment dans la recherche, l'environnement et les transports entre 2027 et 2029.
Au total, le programme prévoit des économies de 8,5 milliards sur trois ans afin de financer la 13e rente AVS et l'augmentation du budget de l'armée. Le Conseil des Etats a baissé le volume de ces économies d'un tiers, à 5,5 milliards, l'hiver dernier.
La gauche estime que le taux d'endettement en Suisse, bas en comparaison internationale, et son bon PIB laissent une marge de manoeuvre suffisante. Le frein à l'endettement "nous enferme", a déclaré Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE). Il doit être réformé pour permettre davantage d'investissements, a-t-elle dit. Sans succès.
"Rhétorique catastrophiste"
Le plan d'allègement fiscal est indispensable au vu de l'augmentation des dépenses, ont rétorqué le Centre, le PVL et la droite. "Nous ne voulons pas que la génération future ne soit l'otage des dettes d'aujourd'hui", a déclaré Corina Gredig (PVL/ZH).
Alex Farinelli (PLR/TI) a de son côté qualifié les arguments de la gauche de "rhétorique catastrophiste". Le programme concerne 2,5% des dépenses qui avoisinent les 90 milliards par année, a-t-il souligné.
Il est aussi clair pour le camp bourgeois que l'armée doit bénéficier de financements supplémentaires au vu de la situation internationale. "La Suisse est l'un des pays qui investit le moins fortement dans sa sécurité par rapport à d'autres Etats européens", a indiqué Damien Cottier (PLR/NE).
Les dix propositions de la gauche contre le plan dans son ensemble ont été largement balayées. Les débats se poursuivent, notamment sur le sort réservé à l'agriculture.


