Le Centre Fries s'inquiète pour son avenir

Depuis plus de 50 ans, le Centre Fries, lieu culturel des étudiants de l'Unifr propose un programme varié. L'équipe s'organise pour faire vivre le lieu mais les responsabilités augmentent.

Ces dernières années, les tâches des étudiants se sont alourdies, notamment en matière de sécurité après l’incendie de Crans-Montana. © La Télé

Depuis 1969, le Centre Fries à Fribourg est un incontournable de la vie étudiante. Soutenu par l’université, ce lieu vivant propose des rencontres, des concerts ou encore des expositions. Mais ce qui fait son originalité tient aussi à son fonctionnement: à l’étage supérieur de la maison vit une colocation d’étudiants qui se relaient pour assurer l’organisation et la programmation. S'ils se battent au quotidien pour sa survie, c'est parce que ce lieu en vaut la peine.

"C’est une grande maison où l’on accueille tout le monde, où les gens viennent juste pour chiller, vibrer", explique Zoé Kraftsik, étudiante et responsable technique au centre. Selon elle, la proximité d’âge crée une atmosphère bienveillante et immédiatement rassurante. "On est aussi un des endroits les plus abordables pour les étudiants, mais aussi pour d’autres publics", ajoute de son côté Sarah Alili, responsable de la communication.

Plus de liberté

Ces dernières années, les tâches des étudiants se sont alourdies, notamment en matière de sécurité après l’incendie de Crans-Montana. Plusieurs revendications sont portées par les jeunes responsables, qui demandent par exemple plus de liberté dans l'utilisation des budgets. Des discussions sont en cours avec l’Université de Fribourg pour clarifier les rôles de chacun.

"Nous, on a une mission que l’on voit comme d’abord culturelle, donc engagée", précise Sarah Alili. Elle rappelle que le Centre Fries est né des révoltes étudiantes de mai 68: "cet esprit-là nous suit encore aujourd’hui." Pourtant, le centre est directement affilié à l’université, ce qui implique de suivre une ligne plus neutre. "Parfois, c’est assez difficile à concilier", admet l’étudiante.

Justement, ce type de lieu, directement lié à une université, est rare en Suisse. Malgré les pressions financières, la rectrice de l’Université de Fribourg, Katharina Fromm, assure vouloir maintenir le bon fonctionnement du Centre Fries. "C'est une culture à l'Université de Fribourg que nos étudiants puissent aussi eux-mêmes organiser des événements et avoir un lieu pour le faire. Donc pour moi c'est un site qui doit rester, qui est pérenne." Elle affirme que le dialogue avec les étudiants reste ouvert et que la liberté d’expression est essentielle. 

La Télé - Mathilde Morel / Adapation web: mp
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