Un professeur de l’Université de Fribourg licencié
L’avocat de François Gauthier dénonce un licenciement abusif lié aux prises de position de son client, engagé notamment contre la hausse des taxes universitaires.

Figure connue de l’Université de Fribourg, le professeur François Gauthier avait rejoint l’institution en 2013. Il était ensuite devenu professeur ordinaire en sociologie des religions en 2022.
Mais depuis le début de l’année 2026, le professeur, originaire du Québec, n’enseigne plus. François Gauthier a reçu sa lettre de licenciement le 19 décembre dernier et a été suspendu avec effet immédiat, nous confirme son avocat Thierry Gachet. Il précise que le licenciement a été prononcé pour le 31 juillet 2026.
Selon l’avocat, l’institution reproche à François Gauthier de ne pas avoir rempli son cahier des charges, notamment en donnant trop peu de cours ou en déléguant excessivement certaines tâches à ses équipes. Il serait aussi question de conflits avec certains collègues depuis plusieurs années.
Thierry Gachet détaille: "On lui reproche les arrêts maladie de certains membres de son équipe alors que lui-même était absent, soit en raison d’un congé scientifique, soit en raison de son propre arrêt maladie."
Une décision liée à ses prises de position, selon son avocat
L’avocat de François Gauthier précise que son client conteste formellement les motifs retenus par l’Université. Il dénonce une décision "abusive et injustifiée". Selon lui, le professeur paierait en réalité ses prises de position.
"La réalité de ce licenciement, c’est qu’on lui reproche d’avoir tenu tête, à l’époque, à la précédente rectrice de l’Université en soutenant les étudiants contre la hausse des taxes universitaires et également d’avoir fait valoir des critiques tout à fait légitimes en lien avec le Centre Suisse Islam et Société."
En 2017, François Gauthier avait publiquement pris position dans les médias contre la hausse des taxes universitaires. Le professeur était alors l’un des rares enseignants de l’Université à s’être exprimé sur ce sujet.
Justice saisie
Son avocat affirme également que François Gauthier aurait formulé des critiques à l’égard du Centre Suisse Islam et Société, dont il a été membre du conseil de l’institut. Il précise toutefois que son client réserve ses arguments à la justice. Un recours a été déposé devant le Tribunal cantonal pour contester le licenciement.
Thierry Gachet regrette également l’absence de communication de l’Université autour de cette affaire. Selon lui, cette situation porte atteinte à la réputation de son client.
Cette affaire intervient quelques semaines après les révélations de notre rédaction concernant un ancien collaborateur de l’Université accusé de harcèlement psychologique, voire sexuel. Thierry Gachet insiste sur le fait qu’il s’agit de deux dossiers totalement distincts.
"Ça n’a rien à voir. Il n’y a aucun reproche de harcèlement, encore moins de harcèlement sexuel", répond Thierry Gachet.
L’Université ne fait aucun commentaire
Contactée à plusieurs reprises par e-mail, l’Université de Fribourg n’a pas souhaité commenter le cas de François Gauthier, invoquant "la protection de la personnalité et des données". Elle ne nous a pas non plus accordé d’entretien téléphonique ou de rencontre.
L’institution rappelle toutefois que ses collaborateurs sont soumis à un cahier des charges comprenant notamment l’enseignement, la recherche et l’engagement institutionnel. Elle indique également qu’en cas de "conflits et dysfonctionnements", des procédures internes peuvent être engagées et conduire, "dans le respect des principes procéduraux applicables et du principe de proportionnalité", à un licenciement.
L’Université souligne encore que les personnes concernées ont "le droit d’être entendues à chaque étape d’une procédure" et peuvent se faire représenter par un avocat.


