Le dépannage agricole, un coup de pouce essentiel
Marine Baumgartner est exploitante et enceinte de son premier enfant. Elle recourt à un dépanneur du SECADA pour la remplacer provisoirement.

Il est 8h ce vendredi de novembre et Raphaël a déjà terminé le gros du boulot. Le Fribourgeois de 24 ans, fils d'agriculteur, est dépanneur chez Marine Baumgartner, mandaté par le SECADA, l'Association fribourgeoise d'entraide et de dépannages en agriculture.
Voilà quelques semaines qu'il seconde l'exploitante sur son domaine de Vuisternens-en-Ogoz, Marine, alors enceinte de plus de 6 mois. Et si elle peut encore faire quelques travaux, elle devra bientôt se mettre au repos pour de bon. Son mari lui donne bien de précieux coups de main, mais il est salarié à 80% et ne peut pas tout faire. Elle a donc vu avec son assurance pour financer ce remplacement et fait une demande auprès du SECADA.
Raphaël venait de s'inscrire auprès de l'Association quand il a reçu cette première mission. Habitué depuis tout petit des travaux de la ferme, il s'est vite adapté. Il est une aide précieuse pour l'agricultrice qui élève des vaches allaitantes, garde des chevaux en pension, cultives des légumes et quelques grandes cultures dont elle vend directement les produits dans sa ferme.
C'est une exploitation à taille réduite mais avec des activités variées. Raphaël adore ça lui qui aime les nouvelles expériences et les échanges. Des coups de main à gauche et à droite chez des voisins agriculteurs, il en a toujours donnés.
Au début, j'étais souvent derrière lui. Mais au fil des semaines, ça ira
Avec Marine, le courant passe bien. Quelques consignes pour la forme, mais le jeune homme sait ce qu'il a à faire. Reste que pour Marine, lâcher prise n'a pas été si évident. "Au début, j'étais souvent derrière lui, reconnaît la trentenaire, je ne pouvais pas m'empêcher de repousser le fourrage. C'est la première fois que je suis vraiment remplacée. Mais je sais qu'au fil des semaines, ça ira."
Marine n'a de toute façon pas trop le choix. Plus sa grossesse avance et plus les travaux de la ferme deviennent pénibles. Impossible par exemple de porter des charges lourdes. Et puis elle a confiance en Raphaël. Il a le savoir-faire et la passion du métier. Une motivation bien plus importante que le montant qu'il touche pour ses dépannages.
"C'est important le financement, reconnaît le jeune homme, mais moi j'ai toujours aimé ça, j'aime les animaux, je suis dans le domaine depuis tout petit. Je ne fais pas ça pour l'argent."
Depuis notre reportage en novembre, la situation a évolué. Raphaël, qui avait trouvé un job dans une fromagerie, son métier de base, est finalement resté chez Marine. Il poursuivra son mandat jusqu'à fin mars, en plus d'autres dépannages. Quant à la jeune femme, aux dernières nouvelles, c'est à dire dimanche 25 janvier, elle était sur le point d'accoucher!

