Les coulisses de la restauration de la baleine du MHNF

Il a fallu environ 200 heures de travail pour redonner son meilleur aspect au célèbre cétacé du Musée d'histoire naturelle de Fribourg.

Montée sur un châssis métallique, la baleine attend que le nouveau site soit prêt à l'accueillir. © KEYSTONE
Montée sur un châssis métallique, la baleine attend que le nouveau site soit prêt à l'accueillir. © KEYSTONE
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Exposée à Fribourg depuis près de 130 ans, la baleine du MHNF bénéficie d'une restauration exceptionnelle en vue de son déménagement vers le nouveau site de la route des Arsenaux, dont l'ouverture est prévue fin 2028. Ce baleineau de 12 mètres, échoué en 1852 au Havre, quittera ses vitrines actuelles en août, direction le nouveau musée, à la route des Arsenaux. Une opération délicate se profile: pour pouvoir le sortir, la façade du bâtiment devra être percée. 

Encore dans son écrin actuel, la baleine bénéficie actuellement d'une profonde restauration. La particularité du chantier: la peau de la baleine est entièrement recouverte de peinture. Deux restauratrices spécialisées dans les tableaux et sculptures ont été mandatées pour s'en occuper. La restauratrice Anouk Gehrig s'interroge sur l'origine de cette couche:

"On ne sait pas quand ni pourquoi on a décidé de la peindre. Elle ne l'était certainement pas à ses débuts. La peinture date probablement du milieu du 20e siècle. Peut-être pour dissimuler une peau déjà bien abîmée."

De la graisse, des cloques, des réparations de fortune

La principale difficulté venait de la graisse encore présente dans la peau, des décennies après l'embaumement. En migrant vers la surface, elle provoquait des cloques et décollements, surtout sous le ventre. L'état général s'est toutefois révélé moins alarmant que redouté: fissures et usures sur le dos, dégâts plus sérieux uniquement en partie basse.

En plus des retouches picturales, les restauratrices ont remplacé certaines réparations de fortune, comme une nageoire fracturée qui avait notamment été recollée à la colle chaude. Dans sa nouvelle salle, la baleine sera placée sous une grande vitrine pour la protéger durablement de la poussière.

Un objet historique avant tout

Dans ce cadre, le musée entend mettre en avant son parcours historique: un voyage à travers huit pays européens sur près de trente ans, au sein d'un musée maritime itinérant. 

"L'idée, c'est de garder l'objet dans son jus. Dans la nouvelle exposition, l'accent sera mis sur son parcours et sa valeur historique, plus que sur sa valeur biologique", résume Arthur Bozzi, responsable des collections.

Un reportage à écouter: 

Frapp - Simon Gumy
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