Mondial: "Ca fait ch..."

Battue pour la cinquième fois en cinq finales, la Suisse nourrit bien des regrets au terme de son Championnat du monde. Devant son public, elle n'a pu cacher son immense et légitime déception.

Les Suisses ont vécu une nouvelle désillusion XXL © KEYSTONE/CLAUDIO THOMA

"Ca fait ch..." Cette phrase, Christoph Bertschy et Damien Riat l'ont prononcé à l'heure des interviews. "J'en ai marre de cette couleur", a ajouté le Fribourgeois, lequel a au moins vécu un moment d'intense bonheur voici un mois avec le premier titre de Fribourg.

Mais cette équipe ambitionnait une autre issue que cette nouvelle affiche où il est écrit "Silber Helden" (réd: les héros en argent). Les larmes de Nino Niederreiter au terme de la partie en disaient long sur l'envie du Grison de vaincre enfin le signe indien, lui qui était le seul à posséder dans sa collection les quatre précédentes médailles d'argent (2013, 2018, 2024 et 2025).

Manque de "killer instinct"

Comme l'an dernier, une défaite 1-0 après prolongation, à 3 contre 3, ne peut pas être analysée trop durement. Ce match s'est vraiment joué sur un détail. Et si l'on regarde les statistiques avancées de cette finale, la Suisse a très légèrement dominé la Finlande. Seulement, cela n'octroie aucun point de bonus.

Et le constat est malheureusement clair, la Suisse a été incapable de marquer en finale. Et ce depuis 249'31! Le dernier goal en finale date de 2018, lorsque Timo Meier avait trouvé la faille en power-play pour le 2-1 face à la Suède. Le power-play, justement, fut l'un des points d'achoppement de cette finale 2026. Au premier tiers, la Suisse a bénéficié d'une supériorité numérique, mais elle a surtout eu la chance d'avoir un 5 contre 3 pendant deux minutes pour commencer le deuxième tiers.

Et là, durant près de 120 secondes, les Helvètes ont semblé tétanisés. Alors qu'ils affichaient le meilleur taux de réussite du tournoi dans cet exercice avec 35,48%, les joueurs de Jan Cadieux ont dû aller rechercher le puck en fond de territoire. Frustrant. "On ne peut pas gagner un match sans marquer", a répondu avec dépit Nico Hischier.

Dieux du hockey anti-suisses?

Auteur d'un tir qui a heurté l'angle du but d'Annunen à la 64e, Damien Riat ne trouvait pas vraiment d'autre mot que déception pour décrire l'état général après ce nouveau crève-coeur. "Honnêtement, il faut croire que les dieux du hockey n'étaient une fois encore pas avec nous", lance l'attaquant du LHC qui vit sa cinquième finale perdue, lui qui était présent en 2018 et 2025, et qui a perdu avec Lausanne face à Zurich le championnat en 2024 et 2025.

"Il n'y a pas beaucoup d'explications à fournir, c'était tellement serré, poursuit-il. Et en voyant ce fantastique public, on n'est pas seulement déçu pour nous, mais aussi pour eux."

Questionné sur ce format de prolongation en mort subite à 3 contre 3 qui ne convainc personne depuis son introduction en 2019, Damien Riat a reconnu "ne pas être fan". "Ce n'est pas du tout le même jeu, tout d'un coup tout s'ouvre, continue-t-il. Personnellement je n'aime pas ça, mais ce n'est pas moi qui ai fait les règles. Je serais favorable au format que l'on utilise en play-off à 5 contre 5, cela aurait plus de sens et donnerait davantage de crédit."

Les vétérans toujours présents?

Devant les micros, Jan Cadieux affiche la même mine basse que ses joueurs. Le sélectionneur se dit triste pour ses hommes et pour le public. Il revient également sur ce format de la prolongation: "Les règles sont les règles. Je ne pense pas que ce soit très bon pour le hockey que cela se termine deux fois de suite comme ça au Mondial et aux JO. Et je ne dis pas ça parce que l'on se trouve du mauvais côté. Je répondrais la même chose si nous avions gagné. C'est dommage qu'un tournoi comme celui-ci se finisse de la sorte."

Pour une première comme sélectionneur principal, Jan Cadieux a parfaitement assuré la transition de Patrick Fischer. Mais on se demande tout de même si quelques héros argentés comme Leonardo Genoni, à nouveau exceptionnel mais qui aura 39 ans en août, Roman Josi, élu MVP du tournoi et qui fête aujourd'hui ses 36 ans, ou Nino Niederreiter (34 ans en septembre) vont encore sacrifier une partie de leur printemps pour la patrie. "C'est encore trop tôt pour le dire, conclut Jan Cadieux. Je n'ai eu aucune discussion avec eux à ce sujet. Nous étions concentrés sur le moment et nous n'en avons jamais parlé."

ATS
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