On débarque chez vous: Pierrafortscha
Peu de monde sait placer cette petite commune sarinoise sur une carte, à la frontière avec la Singine. Nathan Gendre et Karin Baumgartner vous emmènent.

La commune en 30 secondes
- Habitants: 136
- District: Sarine
- Particularité: Pierrafortscha est une commune essentiellement agricole située entre Marly et Bourguillon qui n'a plus aucune zone à bâtir sur son territoire.
- Fierté locale: Un bloc erratique de 330m³ emmené par le glacier du Rhône, une pierre fourchue, qui a donné son nom à la commune
- Ce qui manque: Aucune connexion aux transports publics; il n'y a pas de société locale.
- Ce que les habitants adorent: La tranquillité et le panorama.
- Le truc qu'on ne sait pas sur votre village: Comme il n'y a pas d'école, les enfants peuvent choisir d'être scolarisés à Marly pour les francophones, ou à Tinterin pour les germanophones.
Le visage du jour
Martha, de son nom de jeune fille Leupi, est arrivée en 1969 par amour dans la commune de Pierrafortscha. Son mari, feu Philippe von der Weid, était écuyer et tenait le manège de Granges-sur-Marly. Depuis son décès, elle a repris l'exploitation avec sa fille Martine. Elle nous a parlé du service "Pierra-mobile", organisé par la commission mise sur pied par la commune appelée "Pierra-sympa". Il s'agit d'un service de mobilité avec des chauffeurs bénévoles qui se proposent de véhiculer des personnes âgées vers la ville pour leurs rendez-vous médicaux ou autre.
Le manège propose des cours d'équitation, des pensions pour chevaux, un carré extérieur et une buvette chauffée en hiver. C'est actuellement l'endroit où les habitants se réunissent pour leur assemblée communale. Des assemblées qui attirent chaque fois 20 à 30 personnes. Une bonne moyenne compte tenu du nombre peu élevé de citoyens.
Le lieu à connaître
Le bloc erratique d'un volume de 330m³ constitué de granite du Mont-Blanc. Il est situé sur un chemin pédestre très emprunté, sous de majestueux chênes centenaires. Ce bloc de pierre a été transporté depuis le Valais jusqu'à Pierrafortscha par le glacier du Rhône, lors de la dernière glaciation débutée il y a 120 000 ans environ. Sa forme pointue fait penser à une fourche. Elle a donné son nom à la commune, qui signifie "pierre fourchue" en patois.
Parole aux habitantes et habitants... Pourquoi venir à Pierrafortscha?
Le vice-syndic Christian Burger nous accueille à l'administration communale, qui est aussi l'ancien local des pompiers. Le bureau se trouve dans une aile de la menuiserie Oberson & Fils, seule entreprise basée sur le territoire. Il nous dit que sa fierté est "d'habiter cette commune", qui est proche des commodités de la ville, tout en profitant d'une vue panoramique. Pourtant, il n'y a pas d'école, pas de place du village, ni salle de sport, aucune église, et pas de sociétés locales. Il nous dit que plusieurs autres localités ont tenté de les approcher pour fusionner. Mais Pierrafortscha se porte bien financièrement et n'a aucune dette.

Le Conseil communal ne voit pas l'intérêt de rejoindre une plus grande localité. "On est indépendant et fier de l'être" nous dit Nicolas de Diesbach. L'artiste tenait une galerie d'art à la Schürra qui a malheureusement fermé.
Martha von der Weid insiste sur la "belle vue". Une promeneuse germanophone croisée sur le chemin regrette cependant la popularité des sentiers: "Il y a trop de promeneurs ou de cyclistes! Lorsqu'il fait beau, c'est les Champs-Elysées ici!".
Ce qu'on retient de notre journée
La commune de Pierrafortscha est une commune très étalée. Elle mesure 5 km² de superficie, mais ne compte que 136 habitants. À titre de comparaison, sa voisine de Marly recense environ 9200 habitants sur 7,7 km². Cette densité extrêmement faible se ressent lorsque l'on navigue dans la commune. On passe d'un hameau à l'autre, au milieu des champs de maïs ou des forêts.
Située sur une petite colline avec une vue imprenable sur Fribourg et le reste du canton, l'ambiance est paisible dans la commune. On comprend pourquoi les promeneurs y affluent en masse. À l'écart des grands axes de circulation, les habitants tiennent à leur tranquillité et ne veulent surtout pas entendre parler de fusion.


