Les normes se durcissent pour les agriculteurs

A l'occasion de leur Assemblée générale mercredi, les paysans fribourgeois ont notamment dénoncé un système qui se complexifie.

La sécheresse et les problème d'eau dans les alpages auront marqué l'année 2022. © KEYSTONE

L'Union des paysans fribourgeois a organisé mercredi son assemblée générale. L'occasion de revenir sur une année 2022 marquée par la sécheresse et de se projeter sur les futurs défis des agriculteurs. Dès l'année prochaine, les agriculteurs suisses et fribourgeois devront respecter de nouvelles normes. La plupart d'entre elles concernent justement le respect de l'environnement.

Ainsi, dès le 1er janvier 2023, des produits phytosanitaires contenant des substances qui présentent un risque élevé ne pourront plus être utilisés. Les exploitations devront aussi réduire la diffusion des produits en dehors des parcelles traitées.

Un système complexe

Pour compenser certains de ces efforts, les autorités mettent en place de nouveaux programmes de paiements directs. Un système aujourd'hui très complexe. "Il n'y a pas eu de réformes complètes du système et aujourd'hui chaque révision apporte son lot de complication", explique Frédéric Ménétrey, directeur de la chambre fribourgeoise d'agriculture.

A l'occasion de cette assemblée générale, Jean-Marie Chappuis, directeur suppléant de l'Office fédéral de l'agriculture, a tenu une présentation intitulée "Actualités et développement de la politique agricole, perspectives pour le canton de Fribourg." Lui aussi a déploré un système de paiement trop compliqué. "On est dans un cul de sac!"

Jean-Marie Chappuis propose une solution. "On pourrait essayer de travailler avec des objectifs. On ne dirait plus aux agriculteurs comment travailler avec des mesures à suivre, mais on fixerait des objectifs à réaliser sur plus long terme. La manière ne serait plus importante, on se concentrerait sur les résultats."

Diminuer les engrais

Dès le 1er janvier 2023, les agriculteurs doivent aussi diminuer l'emploi des engrais, comme l'azote et le phosphore. Le Conseil fédéral a fixé une réduction de 20% au moins d'ici à 2030.

Mais à Berne, plusieurs élus s'attaquent à ces mesures. La sénatrice fribourgeoise Johanna Gapany demande d'être moins ambitieux: "La baisse la plus réaliste est de 10%. Si on diminue trop les engrais, la production va baisser et il faudra importer davantage." La conseillère aux Etats a déposé une motion pour enlever cet objectif de réduction de 20%. Elle doit passer devant le Conseil national lors de la session d'hiver qui débute lundi 28 novembre.

RadioFr. - Vincent Dousse
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