"Pas de Suisse à 10 millions" refusée, et maintenant?

L'initiative de l'UDC n'a pas passé la rampe dimanche, mais les questions soulevées par le texte restent une inquiétude importante pour les Suisses. Alors que faire?

Les problématiques soulevées par le texte – notamment le manque de logements et la saturation des infrastructures – restent une préoccupation pour les 45% de voix favorables au texte. (archives) © Keystone

Ce dimanche, une majorité du peuple a refusé l'initiative populaire "Pas de Suisses à 10 millions", portée par l'UDC. Si ce résultat constitue un soulagement pour les autres partis politiques et les milieux économiques, il ne clôt pas le débat.

Retour sur la votation de ce dimanche:

Les problématiques soulevées par le texte – notamment le manque de logements et la saturation des infrastructures – restent une préoccupation pour les 45% de voix favorables au texte. Dans le canton de Fribourg, la population a augmenté de presque 25% ces 15 dernières années. La question est: comment répondre à ces inquiétudes?

Adapter les infrastructures

Il faut poursuivre les efforts déjà entrepris sur nos infrastructures routières et ferroviaires, répond la conseillère nationale PLR Nadine Gobet. "Il y a aussi la question du logement avec la simplification des procédures pour les entreprises", ajoute-t-elle.

Quant à la question du manque de main-d'œuvre et du vieillissement de la population, pour la conseillère nationale, il s'agit de donner la priorité aux travailleurs qui vivent en Suisse, "mais avec un complément de main-d'œuvre étrangère".

Et le problème des loyers?

Dans sa campagne, l'UDC soulignait encore que l'immigration était la cause principale du manque de logements et de la hausse continue des loyers. Une analyse contestée par la gauche.

Gerhard Andrey, conseiller national vert fribourgeois, rappelle que son camp propose depuis des années une solution : "Promouvoir les coopératives d'habitation, où l'on paye un loyer selon les coûts et non pas selon un prix spéculatif". Pour le vert, la politique doit s'engager à ce niveau, "sauf que la majorité de droite n'a pas aidé à aller de l'avant", regrette-t-il.

La suite pour l'UDC

Malgré l'échec de son initiative, le parti agraire, de son côté, entend bien rester focalisé sur les thèmes qui ont mobilisé ses électeurs. "On entend souvent parler de problèmes de zones, de problèmes de construction, d'urbanisation... Je pense que c'est quelque chose qui touche vraiment les gens au quotidien et sur lesquels nous, politiciens, devons nous concentrer pour aussi répondre aux attentes de la population", affirme Timon Gavalet, président de l'UDC fribourgeoise.

Et cela tombe bien : les élections cantonales arrivent cet automne et la Direction du développement territorial et des infrastructures sera laissée vacante par le départ du socialiste Jean-François Steiert. Est-ce que l'UDC lorgne ce siège ? "Le Conseil d'État se formera de lui-même en temps voulu", répond Timon Gavalet, avant d'admettre que "ça pourrait être un avantage d'avoir en tout cas quelqu'un issu de l'entente bourgeoise pour reprendre ça".

RadioFr. - Vincent Dousse / Isabelle Taylor / Mattia Pillonel
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