Fribourg boucle 2025 avec un petit bénéfice

Fribourg termine 2025 avec un bénéfice d'un demi-million de francs. Derrière l'équilibre: une fiscalité en hausse et des revenus exceptionnels de la BNS et de la BCF.

Le grand argentier Jean-Pierre Siggen (2e depuis la droite) a présenté des comptes 2025 de l'Etat de Fribourg respectant l'équilibre requis par la Constitution cantonale. © Frapp

"Comme le prévoit la Constitution, les comptes sont à l'équilibre. C'est une excellente nouvelle d'avoir un excédent de revenus… merci à la Banque nationale suisse et à la Banque cantonale de Fribourg", a résumé le grand argentier Jean-Pierre Siggen.

Le dossier de l'HFR s'impose comme l'un des principaux points d'inquiétude. Face à un déficit structurel persistant et à des perspectives de redressement encore incertaines, le Conseil d'État a décidé de renforcer fortement la provision destinée à son assainissement. Celle-ci passe de 90 à 185 millions de francs, soit une augmentation de 95 millions en une seule année. "Cela correspond en grande partie à la dette de l'hôpital", a précisé Jean-Pierre Siggen.

Si cette provision permet d'anticiper un futur soutien sans peser trop lourdement sur les comptes à venir, elle ne règle pas pour autant le problème de fond. Le canton reconnaît ainsi implicitement que le redressement de l'HFR nécessitera des moyens importants.

Un résultat dépendant de recettes exceptionnelles

Malgré ces charges importantes, les comptes 2025 affichent un léger excédent. Ce résultat tient toutefois en grande partie à des revenus non récurrents, notamment les versements de la BNS (+76 millions, auxquels s'ajoutent 18,1 millions liés aux anciens billets) et la bonne performance de la BCF (+37 millions). "C'est une bonne année, mais fondée sur des recettes extraordinaires. Il n'est pas possible de planifier sur des chiffres aussi volatils pour les années à venir", a souligné le ministre des finances.

Les recettes totales ont dépassé les prévisions de plus de 220 millions de francs. Sans ces apports exceptionnels, le canton aurait probablement affiché un déficit. "Le calcul des comptes sans la redistribution des bénéfices de la BNS n'a pas été fait. On ne peut pas dire si, oui ou non, le canton serait en déficit", a toutefois précisé Jean-Pierre Siggen.

Des charges sous pression, notamment dans la santé

Du côté des dépenses, les charges de fonctionnement ont progressé de 5,2% par rapport au budget, soit une hausse de 222,9 millions de francs.

Les coûts du personnel restent globalement maîtrisés, mais les charges de transferts — notamment dans les domaines de l'asile et de la santé — dépassent largement les prévisions. Elles augmentent en particulier dans l'asile (+27,3 millions), les prestations de l'HFR (+5,2 millions) et le Réseau fribourgeois de santé mentale (+2,8 millions).

"Les charges en matière de santé continuent d'augmenter et devraient encore progresser ces prochaines années", a averti Jean-Pierre Siggen. Il évoque également des coûts supplémentaires non anticipés, notamment liés aux évolutions tarifaires dans le système de santé.

Des investissements maintenus malgré les incertitudes

Le volume des investissements recule légèrement par rapport à 2024 (–9,4%), mais reste élevé. Le canton va continuer d'investir dans les infrastructures routières, l'éducation et la transition écologique.

Au total, les investissements nets atteignent 190,1 millions de francs et sont entièrement couverts par l'autofinancement. "Grâce aux recettes extraordinaires, les investissements peuvent être financés sans recourir à l'endettement", a relevé le ministre.

Un équilibre fragile et des réformes en ligne de mire

Malgré un degré d'autofinancement élevé, la situation financière du canton reste fragile. "On doit travailler avec l'argent que l'on a", a insisté Jean-Pierre Siggen, pointant de nombreux risques à venir.

Parmi eux figurent la croissance des charges, notamment dans la santé, les incertitudes liées au contexte international ou encore les effets du programme d'allégement de la Confédération.

Dans ce contexte, le Conseil d'État estime nécessaire de mettre en œuvre des mesures d'assainissement. "Compte tenu de la situation générale, il faut un plan pour stabiliser les finances à moyen terme", a conclu le ministre.
Le dossier de l'HFR apparaît ainsi comme un enjeu central pour les années à venir, susceptible de peser durablement sur les finances cantonales et d'alimenter les débats autour de la LAFE.

Frapp / RadioFr. - Yann Girard
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