Un ostéopathe de 56 ans est jugé pour viol et abus sexuels devant le Tribunal pénal de la Sarine, à Granges-Paccot. Quatre plaignantes témoignent des actes qu’elles auraient subis lors de séances dans son cabinet à Guin ou à Villars-sur-Glâne, entre 2017 et 2022.
Ces femmes, âgées entre 20 et 45 ans à l’époque, évoquent toutes un spécialiste de prime abord professionnel, sympathique et à l’écoute. Lors des premiers rendez-vous à son cabinet, il agit normalement, pour établir un lien de confiance. Puis, il se transforme en homme manipulateur, menteur et commet des actes d’ordre sexuel, des attouchements ou des pénétrations.
Il enferme ses patientes à clef à leur insu et leur demande de se mettre en sous-vêtements. Lui-même serait allé jusqu’à se présenter à une patiente en caleçon, prétextant qu’il allait faire un bain de cryothérapie par la suite.
Sous emprise
Elles expliquent toutes avoir eu peur, avoir été bloquées sur la table de massage, ne pas avoir osé bouger, en mode panique. L’une d’elles, qui a débuté par la suite une relation de couple avec le prévenu, décrit un climat oppressant et des relations non consenties. "J’ai tenté de le quitter plusieurs fois, mais il était tellement insistant. Il me harcelait, me faisait culpabiliser parce qu’il sait que je suis une personne sensible. Il m’a aussi rabaissée et a menacé d’envoyer des photos dénudées de moi à d’autres personnes", témoigne en pleurant une plaignante.
Il était tellement insistant
Le prévenu doit aussi répondre de tout un volet financier: notamment d’escroquerie et de faux dans les titres. Il aurait exercé sans autorisation dans le canton de Fribourg depuis 2015 et falsifié jusqu’à 200 ordonnances pour obtenir des remboursements de plusieurs assurances maladie, pour une somme totale de plusieurs centaines de milliers de francs. Deux de ses complices devront aussi passer en justice.
Cheveux grisonnants, lunettes et pull bleu chiné sur les épaules, caché derrière un paravent, il refuse de répondre à toutes les questions des magistrats, sauf pour se plaindre de ses conditions de détention à Bellechasse, où il purge sa peine de façon anticipée. Il regrette qu’il y ait beaucoup d’agressions et de ne pas pouvoir voir plus souvent sa famille.
Le procès se poursuit ce mercredi et au mois de décembre.





