Prudence dans les transports publics urbains
La Confédération s'inquiète des accidents graves à la hausse dans les transports urbains en tram et en bus. Elle soutient une campagne de prévention à cet égard. Le niveau de sécurité dans les transports publics reste élevé, rassure-t-elle toutefois.

Dans son rapport de sécurité 2024 publié mardi, l'Office fédéral des transports (OFT) se montre préoccupé face à l'augmentation des accidents graves dans les transports urbains en tram et en bus. En 2024, il y a eu 105 blessés graves dans les trams et les bus, un chiffre jamais atteint au cours des cinq dernières années. A cela s'ajoutent deux décès.
En incluant, en plus des voyageurs, le personnel des entreprises de transport, les autres usagers de la route comme les automobilistes (appelés "tiers") et le transport de marchandises, on obtient également des valeurs supérieures à la moyenne des dernières années. L'OFT mentionne 39 morts et 206 blessés graves. L'augmentation concerne à nouveau les transports urbains: le nombre d'employés et de tiers victimes d'accidents graves y est également en hausse.
Le non-respect des prescriptions de circulation routière arrive en tête des causes des accidents, avec 88 cas. Ces accidents sont en grande partie causés par des comportements erronés de personnes se déplaçant au même endroit à pied, à vélo ou en voiture, explique l'OFT. Il soutient une campagne de prévention, lancée sous l'égide de l'Union des transports publics et menée par plusieurs entreprises de transport locales.
Il reste très sûr d'emprunter les transports publics en Suisse, estime cependant l'OFT. Le risque d'accident mortel en train est 169 fois plus faible par voyageurs-kilomètre qu'en voiture. L'an dernier, aucun voyageur n'est décédé dans les transports ferroviaires et à câbles ni dans la navigation. Douze passagers ont été grièvement blessés.
Accident dans le tunnel du Gothard
Le suivi de l'accident survenu en août 2023 dans le tunnel de base du Gothard a également occupé l'OFT l'année passée. L'office avait lancé une procédure auprès de l'Agence de l'Union européenne pour les chemins de fer afin d'analyser le risque de rupture de roues.
Les premières mesures ont été définies au niveau européen: les recommandations exigent depuis des procédures plus strictes en cas de surchauffe et de plus grands diamètres de roue minimaux pour des types de roues supplémentaires.
En matière de sécurité ferroviaire, la Suisse occupe la troisième place derrière le Royaume-Uni et les Pays-Bas en comparaison internationale. Elle atteint toujours son objectif de faire partie des meilleurs pays européens, note l'OFT.
Toutefois, elle se situe toujours en bas de classement concernant la sécurité sur les chantiers. Deux morts et quatre blessés graves ont été signalés en 2024.