TP: le Conseil d'État dit non à la gratuité pour les jeunes

Le gouvernement fribourgeois s’oppose à une motion qui réclame la gratuité des transports publics pour les jeunes de moins de 24 ans ainsi qu’un rabais de 50% pour les bénéficiaires de l’AVS/AI.

Le gouvernement rappelle que l'offre tarifaire actuelle, tant au niveau national que régional, propose déjà de nombreuses réductions. (image d'archives) © Keystone

Déposée en juin 2024, une motion du député PVL Daniel Savary veut soutenir le portefeuille des étudiants et des retraités fribourgeois. Le texte demande que les transports publics dans le canton soient gratuits pour les jeunes de moins de 24 ans au revenu modeste ou encore en formation. Il demande également un rabais de 50 % pour les bénéficiaires de prestations AVS/AI domiciliées sur Fribourg.

L'auteur de la motion justifie cette demande par des objectifs écologiques, économiques et sociaux. La motion souligne notamment que le premier obstacle à l'utilisation des transports publics reste le prix et que le canton ne parviendrait pas à assurer sa transition écologique sans valoriser les TPF. Daniel Savary s'appuie sur l'exemple genevois, dont le législatif a justement validé la gratuité des transports pour les moins de 25 ans en mai 2024.

Développer l'offre plutôt que la gratuité

Dans sa réponse publiée ce lundi, le Conseil d'État partage les "objectifs poursuivis par la motion" en matière de mobilité durable et d'accessibilité sociale, mais désapprouve la méthode.

Le gouvernement rappelle que l'offre tarifaire actuelle, tant au niveau national que régional, propose déjà de nombreuses réductions. Les jeunes et les personnes à la retraite bénéficient par exemple d'un rabais de 25 % sur les abonnements annuels et mensuels Frimobil en 2e classe. "La politique cantonale de mobilité repose sur une approche globale combinant le développement de l'offre, l'aménagement du territoire et des mesures tarifaires ciblées, plutôt que sur l'introduction de gratuités étendues", souligne la réponse de l'État.

Les autorités ajoutent encore que selon des analyses scientifiques, les politiques de gratuité pour les transports publics ne conduiraient pas à une diminution importante du trafic individuel motorisé. La réponse du canton rappelle finalement que la loi sur la mobilité (LMob) permet déjà à l'État et aux communes d'offrir la gratuité ou des réductions à certaines catégories de personnes, mais il souhaite le faire "en fonction des besoins identifiés et des ressources budgétaires disponibles".

Le Conseil d'État invite donc le Grand Conseil à refuser la motion. Ce sera désormais au législatif de trancher.

Frapp - Mattia Pillonel
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