Record de médicaments jetés dans le canton de Fribourg

La crise du Covid a laissé des traces dans nos armoires à pharmacie. Rappel de la marche à suivre pour se débarrasser de ses vieux médicaments.

Selon une analyse fédérale menée en 2022 sur le contenu des sacs-poubelle suisses, chaque habitant jette en moyenne 600 grammes de "déchets spéciaux" par année dans ses ordures ménagères. © KEYSTONE

L'an dernier, l'Hôpital cantonal fribourgeois (HFR) a collecté un volume record de 15 tonnes de médicaments jetés, soit une augmentation de plus de 36% par rapport à la moyenne habituelle de 11 à 12 tonnes annuelles. Cette hausse spectaculaire trouve son origine dans un héritage inattendu de la crise sanitaire.

"On suppose que c'est l'effet du pic de consommation de médicaments qui a eu lieu durant le Covid, à voir si cela se confirme ces prochaines années", confirme Catherine Schafer, spécialiste des déchets spéciaux pour le canton de Fribourg. "Ces médicaments arrivent justement périmés."

Selon une analyse fédérale menée en 2022 sur le contenu des sacs-poubelle suisses, chaque habitant jette en moyenne 600 grammes de "déchets spéciaux" par année dans ses ordures ménagères. Parmi ceux-ci figurent notamment des médicaments qui n'ont pourtant rien à faire dans les poubelles ordinaires.

Une gestion complexe

La gestion de ces déchets représente un défi pour les autorités cantonales. Le budget du Service de l'environnement fribourgeois consacré à cela s'élève à 200 000 francs par an. Les coûts sont partagés équitablement entre le Service de l'environnement (50%) et le Service de la santé publique (50%). Les pharmacies constituent le pilier de ce dispositif. "Le patient est invité à remettre tous ces médicaments qui sont périmés ou qui ne sont plus utilisés directement à sa pharmacie de confiance ou à une pharmacie qui les accepte, ce qui devrait être le cas de toutes", explique Jérémy de Mooij, président de la Société des pharmaciens fribourgeois.

Une fois collectés, les médicaments font l'objet d'un tri minutieux en pharmacie. "Ils sont séparés selon leur forme et d'autres caractéristiques, par exemple si ce sont des stupéfiants, s'ils sont tranchants, s'ils contiennent des métaux lourds ou autres substances", détaille Jérémy de Mooij. Tous les médicaments périmés ne se valent en effet pas en termes de complexité d'élimination. Certains nécessitent des précautions particulières en raison de leur composition. "Il existe une fraction de médicaments un peu plus compliqués, celles qu'on appelle les cytostatiques, utilisés notamment pour le traitement des cancers", souligne Catherine Schafer. Heureusement, "ce sont des médicaments qui sont moins souvent prescrits. En principe, ils sont très bien encadrés au niveau du personnel soignant, justement pour qu'ils ne finissent pas avec les ordures ménagères."

Plusieurs solutions

Le système fribourgeois ne se limite pas aux pharmacies. Pour répondre aux besoins spécifiques des citoyens, plusieurs solutions complémentaires ont été développées. Les collectes mobiles, organisées deux fois par an dans six lieux différents du canton, dont Ursy et Domdidier, permettent aux particuliers d'apporter jusqu'à 20 kilos de médicaments périmés par personne. Les collectes fixes sont une troisième option, notamment dans certaines grandes déchetteries comme celle des Neigles à Fribourg.

Catherine Schafer insiste tout de même sur l'importance de la prévention en amont. "En matière de déchets, on recommande toujours d'en produire le moins possible, d'acheter le strict nécessaire et de ne pas trop faire de réserve parce que c'est clair, ces médicaments périment."

RadioFr. - Yann Girard / Adaptation web: Mattia Pillonel
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