Comment répondre aux exigences des labels alimentaires?
En plus des obligations légales, de nombreux agriculteurs prennent des mesures supplémentaires pour obtenir des labels, tels qu'IP Suisse.

Demeter, Naturafarm, Bourgeon Bio, ou encore TerraSuisse. Depuis quelques années, les labels alimentaires fleurissent sur tous les étalages des magasins. Des labels voulant représenter un gage de qualité, mais aussi le respect de certaines exigences dans divers domaines lors de la production de ces aliments qui s’ajoutent aux obligations légales que les paysans doivent assurer. Pourtant, ils attirent de plus en plus de producteurs.
Des contrôles sont menés régulièrement sur les exploitations agricoles afin de vérifier le suivi de ces exigences. Pour le label IP Suisse, que l'on reconnaît à son logo à la coccinelle, ceux-ci ont augmenté ces dernières années, passant de 1440 en 2019 à 2700 en 2021, au vu du nombre croissant d'exploitations inscrites au label.
Les mesures demandées aux quelque 18'500 agricultrices et agriculteurs d'IP Suisse sont réparties entre différents volets. Certaines d'entre elles concernent notamment la promotion de la biodiversité, comme l'instauration de prairies extensives qui ne sont pas touchées, d'ourlet dans les champs pour permettre à la faune de s'y abriter, ou l'installation de nichoirs sur les arbres de l'exploitation.
Depuis l'instauration de ce programme en 2008, des effets sur la faune et la flore locale ont pu être observés. "Des études ont démontré un réel impact positif au niveau de la biodiversité. Les mesures ont notamment ramené différentes espèces florales dans les champs", affirme Elodie Freymond, collaboratrice chez IP Suisse. Un nouveau programme Climat a d'ailleurs été instauré l'an dernier, proposant davantage de mesures respectueuses de l'environnement pour les productrices et producteurs.
Dans le canton de Fribourg, ce sont un peu plus de 120 exploitations agricoles inscrites à IP Suisse qui sont contrôlées chaque année par l'Association fribourgeoise des agriculteurs pratiquant une agriculture respectueuse de l'environnement et des animaux mandatée par le label (AFAPI). Parmi elles, celle de Jean-Philippe Yerly, agriculteur à Echarlens en Gruyère. Pour lui, répondre à ces exigences est naturel. "Je crois que l'agriculteur est conscient qu'il doit travailler avec la nature", explique-t-il, "C'est notre fidèle ami et notre outil de travail. Si on veut gagner notre vie correctement, on doit respecter tout ça."
De plus, son exploitation laitière est vouée à la production pour le Gruyère AOP qui réclame déjà certaines exigences se retrouvant aussi dans le catalogue des mesures Biodiversité d'IP Suisse. Et l'obtention du label à la coccinelle lui apporte des plus-values. Il reçoit notamment 5 à 6 francs supplémentaires par 100 kg sur la production de son blé destiné au bétail. Les contrôles ne lui posent par ailleurs pas de problème. Par contre, l'agriculteur gruérien reconnaît que le côté administratif est tout de même plus gênant. "On est des gens de la terre plus que des gens de bureau, mais l'un ne va pas sans l'autre apparemment... même si on aimerait que toute cette paperasse diminue."
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