Retour sous les drapeaux: la décision fâche les ambulanciers
Les ambulanciers ne sont plus automatiquement exemptés de servir à l'armée. La décision du Conseil fédéral est incompréhensible pour la branche.

C'est une décision qui fâche les ambulanciers, tant sur le fond que sur la forme. "Nous n'avons pas été consultés", regrette Yannick Wettstein, président de la section fribourgeoise de l'association Swiss Paramedic.
"Nous demandons une clarification des conséquences", explique l'ambulancier qui travaille à l'Hôpital fribourgeois. Yannick Wettstein a lui-même récemment reçu une lettre qui lui indique qu'il devra retourner sous les drapeaux.
"Le courrier est succinct. J'ai déjà effectué pas mal de jours. Quand devrais-je y retourner, pour combien de jours? Franchement, ce n'est pas très clair", regrette l'ambulancier. Plusieurs de ses collègues sont dans la même situation.
Des conséquences pas certaines
Difficile de tirer des conclusions chiffrées de ce changement pour le canton de Fribourg. "À l’échelle suisse, les besoins supplémentaires dans le domaine du sauvetage sont actuellement estimés à environ 110 équivalents plein temps", explique Yannick Wettstein.
"Parallèlement, les premiers retours des services d’ambulances indiquent que 10 à 15 % de leurs effectifs pourraient être concernés par la nouvelle réglementation. Même si ces chiffres ne peuvent pas être transposés directement à Fribourg, ils montrent l’ampleur potentielle du problème", complète le président de la section fribourgeoise de l'association Swiss Paramedic.
Les conséquences seraient toutefois très concrètes, estime Yannick Wettstein:
davantage de difficultés à constituer et maintenir les équipes, une pression accrue sur le personnel en place, davantage de difficultés à garantir les remplacements et, à terme, un risque pour la capacité opérationnelle et la couverture du territoire.
Une situation déjà tendue
Les services de secours dénoncent une décision qui menace leurs effectifs et donc la sécurité de la population.
"Le sauvetage fait déjà face à une pénurie de personnel. Dans ce contexte, toute mesure susceptible de retirer du système civil des professionnels qualifiés doit être examinée avec la plus grande attention", alarme Yannick Wettstein.
"Oui, les besoins de l’armée doivent être pris en compte, mais ils doivent être mis en balance avec ceux de la santé publique et avec la nécessité de maintenir un système de sauvetage suffisamment robuste et résilient."
Une affaire à suivre
Le dossier n'est pas clos et prend une ampleur politique. A Berne, un conseiller national vaudois a déposé une motion sur le sujet pour revenir à l’ancienne réglementation.
Le service juridique de l’Hôpital des Grisons questionne quant à lui la compatibilité des nouvelles restrictions avec la Loi sur l’armée.
