Du gaz dans les incinérateurs de la Saidef, mélange explosif

De plus en plus d'explosions se produisent dans les fours de la Saidef. La faute à une mode néfaste: le gaz hilarant.

La consommation de cartouches pour ses effets désinhibants a débuté dans les années 90. © Getty Images

C'est une mode nocive en tous points de vue: le gaz hilarant. De plus en plus populaire auprès des jeunes, le protoxyde d'azote est souvent utilisé durant les fêtes de manière détournée. Inhalé, ce gaz a des effets euphorisant pendant quelques instants. Et s'en procurer n'est pas très compliqué. Le gaz aspiré vient de petites cartouches qui s'achètent dans le commerce. D'ordinaire, ces petites bonbonnes de gaz sont utilisées dans les siphons à Chantilly. Mais les effets secondaires sont nombreux: sensation de perte de contrôle, brûlures, vertiges...

L'une des conséquences négatives les plus coûteuses est néanmoins des plus insoupçonnées. Ces cartouches de gaz peuvent faire exploser les incinérateurs dans lesquels elles sont jetées.

Gaz et feu, un mélange explosif

Une fois consommées, ces cartouches sont, pour la plupart du temps, jetées dans le sac à ordures classiques et non pas triées. Le sac-poubelle de votre commune est ensuite collecté et termine son chemin dans une usine d'incinération comme celle de la Saidef à Hauterive. Les sacs d'ordures ménagères ne sont pas ouverts, mais envoyés directement à l'incinérateur: et là, c'est le drame!

La plupart du temps, il reste du protoxyde d'azote dans les douilles. C'est d'ailleurs le cas dans tous les types de bonbonnes, d'aérosols etc. Une fois chauffées, les cartouches laissent échapper leur gaz et au contact des flammes, c'est l'explosion.

Lorsqu’une explosion se produit, le four peut être en panne plusieurs heures. Entre le coût des pièces de rechange et le manque à gagner du temps d’arrêt, un accident du genre peut coûter plus de 20’000 francs, simplement à cause d’une petite bonbonne, déplore Laurent Meury, directeur de la Saidef.

Il y a un budget pour ce genre d'accidents, mais s'ils sont trop fréquents, tôt ou tard, ça risque de se répercuter sur les impôts.

Lorsque ce genre d'accidents se produit, il peut y avoir une panne de plusieurs heures, voire plusieurs jours. L'entreprise responsable de la réparation vient d'Allemagne, ce qui rallonge encore la durée du problème.

La Saidef est un témoin direct des phénomènes de société. Rien ne dit plus sur les phénomènes de mode et les habitudes des citoyens que leurs poubelles. 

RadioFr. - Hugo Savary
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