Match après match: Sandy Jeannin raconte ses Jeux Olympiques

Salt Lake City, Turin et Vancouver: l'ancien joueur de Gottéron se confie dans le nouvel épisode de Match après match.

Sandy Jeannin lors de ses derniers JO en 2010 à Vancouver. © KEYSTONE

Ancien attaquant de Gottéron, Sandy Jeannin a mis un terme à sa carrière en 2015. Depuis sa retraite sportive, il entraîne des jeunes joueurs. D'abord au CP Fleurier, puis à Fribourg. C'est donc à la BCF-Arena que nous l'avons rencontré. Pendant une petite heure, l'ancien centre de l'équipe de Suisse a partagé ses souvenirs des Jeux Olympiques. Interview. 

Marie Ceriani: Vous avez participé aux JO de Salt Lake City en 2002, de Turin en 2006 et de Vancouver en 2010. Est-ce que ça vous a marqué?

Sandy Jeannin: Dans la vie d'un sportif, il y a plusieurs objectifs: jouer dans la ligue de son pays la plus haute possible, devenir international, faire le championnat du monde et les Jeux Olympiques. Les Jeux, c'est spécial. J'ai eu de la chance de vivre ça. C'est une fierté, mais c'est vrai que maintenant, j'ai un peu tourné la page. Je regarde vers l'avant. J'essaie de faire profiter les jeunes que je coache, de les motiver à atteindre eux aussi ces objectifs, pour qu'ils participent aussi à un championnat du monde ou à des Jeux Olympiques. 

MC: Vous avez 25 ans quand vous vivez vos premiers JO à Salt Lake City. Qu'est-ce que ça représentait pour vous d'être sélectionné?

SJ: Beaucoup de fierté. Il faut quand même poser le contexte. Quatre ans avant, la Suisse n'avait pas participé aux JO de Nagano. Elle faisait un peu l'ascenseur entre le Groupe B et le Groupe A. D'être de retour au plus haut niveau, à Salt Lake City, c'était quelque chose. Malheureusement, le 11 septembre est passé par là. Ça s'est ressenti sur place. Et sportivement, on avait pas été terribles. On était comme des enfants, qui regardent à gauche et à droite. On n'était pas assez bons, pas assez concentrés. 

MC: La sécurité était sur les dents?

SJ: Le village olympique, c'était une caserne. Impossible de rentrer sans avoir une accréditation. Ca, c'est normal, mais les bus étaient fouillés tout le temps, ils passaient des miroirs dessous pour voir s'il n'y avait pas une bombe. Il y avait des barbelés partout, une présence militaire impressionnante. Ça a gâché un peu la fêté. Ils ont tout fait pour qu'on puisse jouer le tournoi en toute sécurité, mais il n'y avait pas de partage avec le public. L'atmosphère était tendue. 

MC: Vient ensuite Turin en 2006. On parle encore aujourd'hui du miracle de Turin. Avec l'équipe de Suisse, vous avez battu le Canada 2 à 0, grâce à deux buts de Paul DiPietro et à 49 arrêts de Martin Gerber. Vous en gardez quels souvenirs? 

C'était un moment magnifique. Toutes les grandes stars de NHL étaient là. Ce n'était pas l'équipe B du Canada qui va au championnat du monde. Je crois qu'ils nous ont sous-estimés un petit peu. Le soir après le match, on se rend compte de ce qu'on a accompli et on a de la peine à dormir. On a battu des gens qu'on voit à la télévision, avec qui on joue à la PlayStation. 

On avait aussi fait un match incroyable contre la Tchéquie. On avait fait un bon tournoi. Malheureusement, encore une fois, l'ambiance n'était pas incroyable. À Turin, il n'y avait pas beaucoup d'intérêt. J'espère que les Italiens seront un peu plus chauds cette année à Milan. 

MC: Vos derniers JO se disputent en 2010 à Vancouver. Là, vous étiez au pays du hockey sur glace...

SJ: Vancouver, c'est un endroit magnifique. Les gens descendaient dans la rue. C'était la fête. Il y avait de la ferveur. Le village était proche de la patinoire. On allait se promener en ville. La sécurité était discrète. Tout était bien goupillé. J'ai fait beaucoup de capitales, beaucoup de villes en coup de vent. Un sportif se concentre sur sa compétition, sur ses performances, mais là on avait quand même pu profiter.

En plus, on a eu de bons résultats. On a perdu 2-0 contre les États-Unis en quart de finale. J'avais touché les deux poteaux et le puck était ressorti. C'était frustrant, parce qu'on était pas loin d'eux. En vérité, j'avais dû me battre pour faire ces JO. Je n'étais pas vraiment remis d'une commotion. Ça m'a peut-être coûté la fin de ma carrière, mais c'était pour moi, les plus beaux Jeux Olympiques. 

Écoutez l'intégralité de l'interview de Sandy Jeannin ici: 

RadioFr. - Marie Ceriani
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