St-Gall refuse le voile aux enseignantes

Le parlement st-gallois veut interdire le port du voile islamique par les enseignantes. Il a approuvé une motion en ce sens. Le cas d'une femme voilée à Eschenbach (SG) est à l'origine de cette mesure. Une école avait finalement renoncé à l'engager l'an dernier.

Selon la motion approuvée, l'interdiction du port de vêtements et de symboles religieux est prévue dans toutes les écoles publiques (photo symbolique). © KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

Des parents s'étaient élevés contre l'engagement de la jeune enseignante l'été dernier, car celle-ci voulait enseigner en portant le foulard islamique. L'école, qui avait prévu de l'engager, y a finalement renoncé sous leur pression.

Peu après, des députés issus des quatre groupes parlementaires du législatif cantonal ont déposé une motion exigeant une clarification en la matière. Le texte exigeait que le port de vêtements ou symboles religieux par le personnel enseignant soit interdit dans les écoles publiques par la loi sur l'école obligatoire.

Neutralité religieuse à l'école

Selon la motion approuvée mercredi par 70 voix contre 46, le corps enseignant doit se vêtir de manière réservée sur le plan religieux dans les écoles publiques. Une enseignante qui porte un voile islamique durant les cours ne correspond pas à ce principe de neutralité religieuse. En revanche, le "port décent" de "symboles religieux traditionnels discrets" n'y contrevient pas, d'après le texte.

Le gouvernement st-gallois soutenait la motion et doit désormais élaborer une modification de loi. Il invoquait un arrêt récent du Tribunal fédéral concernant l'école secondaire catholique de Ste-Katharina à Wil (SG), réservée aux filles. Ce dernier souligne que l'école publique doit rester neutre, afin que tout un chacun puisse se déterminer librement en matière de questions liées à la foi.

Débat souvent nuancé et groupes partagés

Dans un débat souvent nuancé, un ancien député socialiste passé dans les rangs vert'libéraux en raison de ce sujet polémique a rappelé que le consensus actuel dans les écoles incitait les enseignants à renoncer à rendre visible leur propre religion. Autoriser le port du voile y serait donc "un privilège disproportionné accordé à une petite minorité", selon lui.

Pour un député centriste au contraire, l'interdiction du voile pour les enseignantes correspondrait à une définition négative de la liberté de religion. Il a demandé, en vain, au parlement de rejeter la motion.

Un député de l'UDC a exigé, lui, cette clarification, estimant que d'autres symboles religieux couvrant la tête, comme la kippa ou le turban, n'avaient pas non plus leur place devant une classe. La plupart des députés libéraux-radicaux ont, eux, approuvé finalement la motion au nom de la neutralité religieuse.

Au sein du groupe parlementaire composé des socialistes, des Vert-e-s et des Vert'libéraux, les avis étaient partagés. Certains députés y soulignaient la nécessité de séparer religion et Etat, d'autres voyaient dans la motion une impulsion populiste et islamophobe rédhibitoire.

Sécurité juridique, selon la ministre socialiste

Face au parlement, la ministre socialiste de l'instruction publique, Bettina Surber, a rappelé que le canton de St-Gall - historiquement catholique - n'était pas un Etat laïque, mais que la neutralité confessionnelle et religieuse y prévalait. Dans les écoles, cette neutralité garantit la place à différentes visions du monde et la réglementation proposée dans la motion établit une sécurité juridique, tant pour des enseignants en formation que pour les autorités scolaires, selon elle.

D'après la ministre, la mise en oeuvre de cette réglementation va encore engendrer de nombreuses discussions. Une expertise juridique est également attendue.

ATS
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