Timide Morgenstraich à Bâle

Malgré l'annulation du carnaval de Bâle, quelques centaines de personnes se sont réunies lundi vers 04h00 pour un Morgenstraich silencieux. A quelques exceptions près, elles ont respecté l'interdiction de jouer du tambour ou du fifre.

Ce soupçon d'atmosphère carnavalesque régnait surtout sur la Rümelinsplatz, dans la vieille-ville, alors que d'autres places et rues étaient peu animées. Plusieurs cliques avaient sorti leurs lanternes lumineuses, qu'elles n'avaient pas pu utiliser l'année dernière. Mais on ne croisait pas beaucoup de personnes costumées.

Malgré l'interdiction de jouer de la musique, la Marche du Morgenstraich pouvait être entendue: de nombreuses personnes présentes la faisaient résonner avec des enceintes portables.

Police présente

Des véhicules et de nombreuses patrouilles de police étaient présentes. Les policiers demandaient aux personnes présentes, qui avaient formé des groupes importants, de mettre leurs masques. Pour le reste, ils faisaient profil bas. Vers 05h00, la vieille-ville commençait à se vider.

Dimanche soir, la police bâloise avait tiré un premier bilan "positif". Quelques activités liées au carnaval ont été observées dans certaines zones, mais elles se sont déroulées calmement. Seul le porte du masque n'a pas été respecté. Les personnes concernées se sont toutefois montrées raisonnables, selon le communiqué.

Le gouvernement de Bâle-Ville a interdit toutes les activités liées au carnaval pendant les "trois plus beaux jours de l'année". Le comité du carnaval a invité les Bâlois à respecter cette décision.

"Un choc"

L'annulation du carnaval en 2020 a été "un choc", se souvient Pia Inderbitzin, présidente du comité d'organisation. Pour cette année, "il était évident depuis un certain temps" que le carnaval 2021 n'aurait pas lieu. Dès l'automne dernier, des alternatives ont été étudiées pour faire un carnaval adapté à la pandémie, mais il a bien fallu se résoudre à tout annuler.

L'absence de carnaval pour la deuxième année consécutive laisse des traces dans les cliques. Le nombre de membres a diminué suite à des démissions. C'est surtout une perte au niveau de la relève qui est déjà difficile à assurer depuis de nombreuses années. Ne pas pouvoir vivre l'expérience du carnaval freine la motivation de plus jeunes à faire partie d'une clique, souligne Andres Kurz, président de la clique "Vereinigte Kleinbasler" fondée en 1884.

ATS