Tirage de Payerne: 500 inscrits, mais toujours pas de femmes
Aujourd'hui, les femmes ne sont pas admises dans la société de tir de Payerne, mais cela pourrait changer. En attendant, elles participent à cette fête traditionnelle autrement.
Payerne a fêté ce week-end la 290ème édition de son traditionnel Tirage. 500 tireurs y ont participé, tous des hommes, les femmes ne le peuvnt pas. Les meilleurs, qui se sont affrontés samedi sur les cibles manuelles du Stand du Vernex, sont venus recevoir leurs récompenses dimanche matin. L'ambiance est à la célébration. Fanions pour les uns, couronnes pour les autres, la remise des prix du tirage de la plus grande abbaye du canton de Vaud est soigneusement orchestrée.
Cette année, le roi du tir, Raphaël Notz, s’est distingué avec un score de 95 points. Derrière lui, les résultats sont particulièrement serrés. « C’est clair que l’ambiance est bon enfant, mais il y a quand même de fines gâchettes et la compétition est rude. Entre eux, les participants misent leurs points et font même des classements internes », explique Alexandre Godel, lieutenant d’abbé.
Si les femmes ne sont pas admises au sein de la société de tir de Payerne, elles ne sont pas pour autant absentes des festivités. Les quelque 500 tireurs sont des hommes, mais, dans les ruelles de la ville, femmes et enfants attendent le long du parcours pour les féliciter avec un bouquet de fleurs.
Corinne perpétue cette tradition depuis plus de 30 ans: "je suis épouse d'un tireur et maman de deux tireurs donc je suis au bord de la route pour les féliciter avec un bouquet". Comme elle, de nombreuses personnes se sont ruées dans les magasins de fleurs. "J'ai eu de la chance d'avoir le dernier bouquet chez le fleuriste. C'était vraiment un coup de chance", ajoute-t-elle.
On se retrouve entre femmes, on fait un bon dîner, on en profite pour parler des hommes qui sont en train de tirer!
Une tradition que Belinda et Chams apprécient, même si elles aimeraient voir les choses évoluer. "C'est vrai que si les femmes veulent essayer le tir, elles devraient avoir la possibilité de le faire", déclarent-elles.
Pour l'heure, elles choisissent de prendre part à la fête à leur manière: "on se retrouve entre femmes, on se fait un bon dîner, on fait la fête, et on en profite pour parler des hommes qui sont en train de tirer", racontent-elles en rigolant.
Vers une évolution ?
La règle pourrait toutefois évoluer prochainement. Un membre du club, qui souhaite partager sa passion avec sa fille, a demandé d'étudier à nouveau la question. Elle pourra être votée au conseil si un nombre suffisant de signatures est récolté.
En plus des tirs, les organisateurs ont mis en place divers cortèges, des manèges, des concerts et le traditionnel banquet.





