Travailleur social de rue: utile, mais pas prioritaire
A Attalens en Veveyse, Julien Hornecker fait de la prévention auprès des jeunes. Il est le seul travailleur social de rue du district.

Il fait grand beau ce mardi de février à Attalens. Sur un terrain mis à disposition par la commune, Anthony, un jeune adulte, et son acolyte encore mineur s'affairent. Ils préparent les lieux pour le printemps et les plantations du jardin intergénérationnel. Julien Hornecker leur donne quelques consignes.
Voilà 7 ans que ce travailleur social de rue de REPER a été engagé par la collectivité. Pour développer des projets comme le jardin intergénérationnel mais aussi faire de la prévention auprès des jeunes contre les nuisances sonores, le littering ou la consommation de substances. Il est arrivé à une période de vives tensions entre groupes venus de Vevey et ceux d'Attalens et des communes avoisinantes. Depuis la situation s'est apaisée.
"On a pu désamorcer quelques conflits", reconnaît-il, "mais je ne crois pas que tout soit lié à mon poste. Les jeunes grandissent. Et les groupes sont aussi plus petits actuellement. En tout cas, ça s'est tassé et on espère pour un bon moment."
Certains ne jurent que par les sociétés de jeunesse ou par les clubs de sport. D'autres ont des besoins différents.
Laurent Menoud, syndic sortant d'Attalens, est lui convaincu de l'importance d'un travailleur social de rue auprès des jeunes. "Certains ne jurent que par les sociétés de jeunesse, d'autres par le sport que peuvent proposer les clubs locaux mais d'autres ont des besoins différents. Ils veulent se retrouver en groupe et ces dynamique créent parfois des situations difficilement contrôlables". Un problème qui a particulièrement concerné Attalens mais qui, selon l'élu (en poste encore quelques semaines) touche toutes les communes.
A Châtel-St-Denis, autre discours. Charles Ducrot (qui quittera aussi la syndicature à la fin de cette législature ) mise sur les infrastructures sportives et culturelles pour occuper les jeunes. Il compte aussi sur le travail de l'Animation jeunesse de la Veveyse , l'AJV, qui propose des activités aux enfants et ados de la région. Sa commune, comme 5 autres collectivités veveysannes, a refusé en automne dernier la création d'un poste de travailleur social de rue pour l'ensemble du district. Pas nécessaire, selon lui. Et trop onéreux. Cet engagement aurait coûté 90'000 francs par an à la Veveyse, qui a d'autres projets en cours.
Mais pour Laurent Menoud, c'est une question de temps. Après Attalens, les autres communes vont tôt ou tard comprendre la nécessité d'un travailleur de rue pour accompagner les jeunes de la région.
Les aînés se rendent compte que les jeunes sont serviables, gentils, polis. Et que sous leur capuche et la musique qu'ils peuvent écouter, ce sont des personnes super intéressantes.
En attendant, Anthony continue de jardiner avec bonheur. Il apprécie le contact des seniors "On a des échanges avec des personnes qu'on n'a pas l'habitude d'avoir. Elles nous apportent de la sagesse et nous, la jeunesse!"
Julien Hornecker est le témoin privilégié de ces liens qui se tissent. "C'est super intéressant de voir ces dynamiques. Les aînés se rendent compte que les jeunes sont serviables, gentils, polis. Et que sous leur capuche et la musique qu'ils peuvent écouter, ce sont des personnes super intéressantes."


