L'enseignement de la langue des signes enfin reconnu!
Cette reconnaissance doit permettre de revaloriser la profession. L'association fribourgeoise des sourds s'en réjouit.

La décision est tombée jeudi dernier, validée par le Secrétariat d'Etat à la formation. Cinq ans de discussions et de travaux ont été nécessaires pour en arriver là. Il fallait élaborer une grille de compétences et définir le profil de cette activité essentielle pour créer des ponts entre deux cultures, celle des entendants et celle des sourds.
La Société des Sourds de Fribourg s'est réjouie de cette décision. "Cette reconnaissance permet aux personnes sourdes d'être à égalité avec les personnes entendantes qui sont formées pour enseigner la langue orale", souligne Bernard Morel, éducateur spécialisé à l'Institut St-Joseph pour les enfants sourds et malentendants.
La langue des signes vient donc de franchir une étape importante, elle qui était interdite dans les écoles jusqu'au début des années 80. "C'est un aboutissement, mais comme tout combat, ça prend énormément de temps", souffle Christine Sanders, enseignante de langue des signes. En cause peut-être selon elle, l'existence de plusieurs régions linguistiques et sans doute aussi la difficulté à prendre en compte le handicap.
Manque d'interprètes
Une cinquantaine d'enseignants de langue des signes exercent actuellement en Suisse. Ils sont une vingtaine en Suisse romande. C'est encore insuffisant pour répondre aux besoins, relèvent Christine Sanders et Bernard Morel. Tous deux espèrent que la récente reconnaissance de la profession valorise les diplômes, et incite les jeunes à se lancer dans ce cursus.
Autre manque à combler, selon Christine Sanders: le manque d'interprètes. Que ce soit dans les administrations, dans les tribunaux ou encore dans les hôpitaux, en particulier dans les services d'urgence, leur présence devrait être automatique pour permettre aux sourds et aux malentendants de comprendre et de se faire comprendre dans des situations parfois difficiles.
Pour d'autres professions aussi
Nos deux interlocuteurs vont encore plus loin. Pour eux comme pour l'ensemble des personnes sourdes et malentendantes, il serait appréciable que certaines professions aient des connaissances en langue des signes. "Chez le médecin par exemple, on a le droit d'avoir une communication aisée, sans devoir faire appel à un interprète", illustre Christine Sanders.
Les motifs de mobilisation sont donc encore nombreux pour les sourds et malentendants. Mais la reconnaissance officielle de la profession d'enseignant de langue des signes est un pas dans la bonne direction, qui fait espérer "un monde meilleur", conclut l'enseignante.
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