Une majorité des Fribourgeois se sent en bonne santé

Plus de 80% de la population du canton se sent en bonne santé malgré des troubles de santé mentale persistants.

Les Fribourgeois et Fribourgeoises se portent plutôt bien physiquement. © envato (image d'illustration)

Le cinquième rapport cantonal sur la santé dresse un tableau contrasté de l'état de santé de la population fribourgeoise. Si la grande majorité, soit 83,9% des habitants du canton, se sent en bonne santé, l'étude révèle des préoccupations croissantes concernant notamment la santé mentale, particulièrement chez les jeunes.

Cette perception positive de la santé n'est également pas uniforme selon les catégories de population, indique le canton dans un communiqué. L'étude révèle que l'état de santé auto-évalué est plus faible chez les personnes âgées et celles en situation financière difficile, tandis qu'il est plus élevé chez les personnes avec un niveau de formation élevé.

Publié ce mercredi par la Direction de la santé et des affaires sociales (DSAS), l'étude a pour objectif de disposer d'un bilan de santé global de la population pour adapter la planification en matière de prévention et promotion de la santé selon les besoins prioritaires. Elle est basée principalement sur les données de l'Enquête suisse sur la santé de 2022.

Moins de consultations et d'hospitalisations

En matière de recours aux soins, la population fribourgeoise a effectué en moyenne 9,4 consultations ambulatoires en 2022, soit moins que la moyenne suisse qui s'établit à 10,5 consultations. Cette différence pourrait s'expliquer par une particularité observée dans les cantons romands: une proportion supérieure à la moyenne suisse de personnes vivant sans se préoccuper particulièrement de leur santé.

Le taux d'hospitalisations en soins aigus confirme aussi cette tendance positive avec 135 cas pour 1000 personnes résidentes dans le canton, contre 142 cas au niveau national. Depuis 2012, ce taux est en baisse constante, tant à Fribourg que dans le reste de la Suisse.

Des troubles physiques plus fréquents

Malgré tout, les Fribourgeois ne sont pas épargnés par les troubles physiques. Le rapport révèle que 65,6% de la population fribourgeoise souffre de maux de dos, d'insomnies ou encore de faiblesse générale, contre 59,1% de la population suisse. Et contrairement à la tendance observée au niveau national, l'âge n'apparaît pas comme un facteur déterminant dans le canton de Fribourg pour ces troubles physiques. 

L'étude met encore en lumière que seulement 58,1% des Fribourgeoises et Fribourgeois déclarent faire attention à leur alimentation, un pourcentage nettement inférieur à la moyenne suisse de 70,8%. Paradoxalement, la consommation de fruits et légumes reste supérieure à la moyenne suisse.

Du côté de l'activité physique, si celle-ci est en augmentation constante dans le canton, particulièrement parmi les personnes de plus de 65 ans, elle reste inférieure à la moyenne suisse pour tous les âges confondus.

La santé mentale, un défi majeur

Si l'état de santé physique des Fribourgeois présente un bilan globalement positif, la situation de la santé mentale est différente. Pas moins de 23% de la population fribourgeoise souffre de détresse psychologique. Une proportion stable depuis 2006, mais qui dépasse la moyenne nationale établie à 17,8% en 2022. Les niveaux d’énergie et de vitalité faibles concernent plus d'un tiers des personnes, et 38,8 % présentent des symptômes de dépression modérés à sévères, souligne le communiqué.

En 2022, 7,6% de la population fribourgeoise avait un diagnostic médical de dépression, soit une augmentation de 3,4 points de pourcentage par rapport à 2017. L'analyse par tranches d'âge révèle encore une réalité préoccupante concernant les jeunes générations. Presque un dixième d'entre eux (8,9%) ont eu des pensées suicidaires dans les deux semaines précédant l’enquête, un chiffre en hausse depuis 2012 (7,1 %) et légèrement supérieur à la moyenne nationale (8,4 %). Les jeunes femmes (15–19 ans) sont spécifiquement touchées.

Pour ce qui est de l’usage des écrans, 7,7% de la population déclare un usage problématique. Le taux atteint 20,8% chez les 15-24 ans. Plus loin, si le rapport constate une augmentation, le recours à l’hospitalisation en psychiatrie reste plus faible dans le canton de Fribourg qu’en Suisse.

Malgré cette situation, le recours à l'hospitalisation en psychiatrie reste plus faible dans le canton de Fribourg qu'au niveau national.

Frapp - Mattia Pillonel
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