"Les ouvertures et les fermetures, c'est devenu la routine"

Deux gérants fribourgeois témoignent de leur situation, en attendant les nouvelles annonces du Conseil fédéral mercredi après-midi.

Les restaurants, lieux culturels, de loisirs ou sportifs resteront-ils fermés jusqu'à fin février? Une semaine après l'ouverture d'une consultation auprès des cantons, le gouvernement doit donner son mot final. Des mesures concernant les magasins non-essentiels ou le télétravail pourraient également être annoncées.

Les autorités fribourgeoises se sont justement prononcées en faveur de la prolongation des restrictions. Même si elles demandent une réévaluation de la situation au début du mois de février. En attendant, le gérant de deux salles de sport et un patron de restaurant font part de leur fatigue et de leurs inquiétudes.

En attente d'aides financières

Au vu du contexte sanitaire actuel, une fermeture prolongée des secteurs concernés apparaît presque comme une évidence. Ralph Bochud, gérant des centres d'escalade L'entrepôt et Laniac à Bulle, se dit aujourd'hui plutôt habitué. "On était quand même abattus, surtout après la dernière ré-ouverture qui avait permis de dynamiser les salles."

A la fatigue mentale s'ajoute la charge administrative. "On a dû prendre contact avec notre fiduciaire et la caisse de compensation, rien n'était forcément clair", poursuit-il. Quant aux aides promises, elles ne sont pas encore arrivées à bon port. "On a fait les démarches pour obtenir des subventions. On n'a pas encore toutes les réponses, mais c'est en bonne voie."

Comment assurer l'avenir de son business dans de telles conditions? Ralph Bochud mise sur l'adaptation. "On a réaménagé nos cours d'escalade pour les enfants, ce qui nous a valu de très bons retours de la part des parents. Mais on ne pourra pas vivre de cette activité seule sur une année. Il nous faut plus que les cours du club pour être rentable."

"Comment je me sens? Il n'y a qu'à regarder mes cernes!"

"C'est un stress permanent, chaque jour on se lève, et on ne sait pas de quoi le futur sera fait." De son côté, Gianfranco Lecca, gérant de l'Osteria del Corso à Fribourg, est désemparé. Encore plus depuis qu'il sait que la fermeture des restaurants pourrait être prolongée jusqu'à fin février.

"Pour payer mes factures, je jongle. J'appelle les fournisseurs, les caisses ou le propriétaire. Je propose de payer une partie des frais, et je demande de repousser le reste", explique le tenancier du restaurant italien. Le patron a bien reçu des RHT pour ses employés et deux loyers ont été pris en charge, "mais ça ne paie pas les frais fixes", regrette-t-il. La paperasse pour obtenir des aides, il la confie à sa fiduciaire: "heureusement qu'ils sont là, sinon ce serait compliqué."

Gianfranco Lecca ne se fait donc pas d'illusion. "si je dois rester fermé, j'arrêterai le take-away. Sans vin, sans café, le chiffre d'affaires est minime. Avec la fermeture généralisée et une clientèle peu nombreuse, ça ne vaut pas la peine." Vous l'aurez compris: parmi les points qui seront abordés par le Conseil fédéral, celui des aides financières sera particulièrement scruté.

Frapp - Sophie Corpataux