Comment se prémunir contre le radon, ce gaz radioactif?

A l'occasion de la rencontre européenne entre experts du radon qui a lieu à Fribourg, tour d'horizon sur les mesures à effectuer.

Fribourg est au cœur d'une rencontre européenne sur le radon cette semaine. Le Smart Living Lab, sur le site de Blue Factory, accueille du 13 au 15 octobre 2021 une soixantaine d'experts, de chercheurs, de professionnels du radon et d'autorités sanitaires issus de 22 pays européens. Ils doivent notamment échanger sur les effets de l'exposition au radon chez les tout petits, et encore échanger sur les nouvelles techniques de construction qui sont efficaces contre le radon.

Le radon, c'est ce gaz radioactif présent partout en Suisse, qui s'échappe de certains sous-sols et s'infiltre dans des bâtiments par des fissures, des trous, ou des dalles non étanches. Il est incolore, inodore et ne peut pas être détecté par des signes médicaux comme des malaises ou des maux de tête. Mais il est dangereux en cas d'exposition à long-terme: cancérigène, ce gaz est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, en Suisse et il est responsable d'environ 300 morts par an. Les habitations anciennes sont particulièrement vulnérables face au radon.

Faire des mesures de radioactivité

Pour Joëlle Goyette Pernot, déléguée radon de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) en Suisse romande, cette rencontre à l'occasion de la semaine européenne du radon est l'occasion d'informer la population fribourgeoise sur cet enjeu de santé publique: "Les dernières études de l'OFSP montrent qu'à peine 55% des Suisses ont déjà entendu parler du radon. Pourtant, des mesures ont déjà été faites dans plus de 150'000 bâtiments, ce qui est énorme pour la taille du pays. Cela me surprend toujours. Il est donc important d'en parler et d'en reparler."

Mais la déléguée radon de l'OFSP, également professeure à la Haute école d’ingénierie et d'architecture de Fribourg, ne veut pas pour autant faire paniquer les Fribourgeois: "L'idée est de rendre les habitants attentifs à cette problématique du radon, ce n'est pas de créer des angoisses, explique-t-elle. Mais le mieux pour éviter ces angoisses, c'est de faire des mesures pour savoir où l'on en est. A partir de là, des solutions existent et des travaux peuvent être réalisés. Cela peut se faire progressivement. Les personnes ont le temps de réagir: le risque apparaît en cas d'exposition à long-terme."

Faire des mesures en faisant appel à des professionnels coûte entre 300 et 500 francs. Le principe est simple: on dispose des dosimètres, des sortes de petites capsules noires, à plusieurs endroits de l'habitation. Elles restent là pendant trois mois. Les mesures de radioactivité sont effectuées en hiver, la période où le risque d'exposition au radon est le plus grand. Les personnes passent plus de temps chez elles, ainsi le chauffages des bâtiments fait remonter le radon à la surface. Après analyse de ces capsules en laboratoire, on obtient ensuite les résultats. Que faire si on découvre du radon dans l'air d'une ou plusieurs pièces de son logement?

Des travaux au cas par cas

"Dans ce cas-là, nous conseillons de faire appel à un consultant radon, un professionnel habilité à faire un diagnostic pour comprendre la dynamique du gaz radioactif dans le bâtiment. Sur cette base-là, il fera des propositions de travaux et d'assainissement qui devraient améliorer la situation", répond la déléguée radon de l'OFSP, Joëlle Goyette Pernot. Une des mesures qui est souvent réalisée en Suisse, est la mise en place d'une sorte de drainage de ce gaz, pour aller chercher le radon dans le terrain avant qu'il n'entre dans le bâtiment: "On va chercher le gaz sous la dalle de la maison: on fore un trou, d'environ douze centimètres de diamètre, qui va être connecté à une cheminée, ce qui va permettre d'évacuer le gaz."

Chaque habitation est différente, les solutions diffèrent aussi: c'est du cas par cas. Ce qui est sûr en revanche, c'est que le radon ne rentrera pas dans un bâtiment si la maison est bien bâtie et qu'elle est bien étanche. Si votre bâtiment est ancien et a des failles dans l'étanchéité, bien aérer votre logement et le ventiler est bien mais pas suffisant pour vous protéger des effets nocifs de ce gaz radioactif. La déléguée radon appelle ainsi les Fribourgeois à s'informer à ce sujet. Des plateformes d'information existent pour cela. La Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg sensibilise aussi chaque année les professionnels de la construction à cette problématique.

RadioFr. - Maëlle Robert