Vully: des vins de qualité et résistants aux maladies

Agroscope a homologué sept nouveaux cépages qui ne craignent ni le mildiou ni l'oïdium. Un vigneron fribourgeois en produira.

Les sept cépages comptent 4 blancs et 3 rouges,. aux noms poétiques © Keystone

Florisia, Elaris, Orellis, Damona, Valpesia, Dionysos et Taranis. Ce sont les noms poétiques des sept nouveaux cépages, récemment présentés par Agroscope. Fruits d'une quinzaine d'années de recherche et de sélection, ils ont été développés en collaboration avec l'INRAE, l'Institut national français de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.

La particularité de ces quatre blancs et trois rouges: ils sont plus costauds que les cépages traditionnels. Chacun cumule au moins deux gènes de résistance au mildiou et à l'oïdium, les maladies fongiques les plus redoutables pour la vigne. Ils sont aussi peu sensibles au blackrot et au botrytis, deux autres pathologies fréquentes, dotées elles aussi de noms improbables.

Vous ne pouvez pas faire des vins moyens. Il faut impérativement  un effet waouh!

Les sept nouveaux cépages ont fait l'objet de tests concluants dans différents terroirs de Suisse et de France. Leur robustesse permet de diminuer de 80 à 90% les traitements phytosanitaires. "Malheureusement, on ne peut s'en passer complètement", nuance Jean-Sébastien Reynard, responsable de la sélection de la vigne à Agroscope. "Il faut un minimum de traitement, un ou deux à la place d'une dizaine, sinon on risque d'avoir une perte de résistance aux maladies." Mais le recours nettement moins important à ces substances principalement chimiques contribue à une viticulture plus respectueuse de l'environnement.

Pour déguster les vins issus de ces nouveaux cépages, il faudra toutefois patienter encore. Dans une prochaine étape, les pépiniéristes devront multiplier ces variétés. Les viticulteurs devraient disposer des premiers plants vers 2029. A eux ensuite de voir comment les cépages se comportent dans le vignoble et à la cave. Il faudra ensuite que les consommateurs acceptent d'opter pour un "Taranis" plutôt qu'un vin rouge traditionnel dont ils connaissent la qualité.

Pour les convaincre, il faut avant tout miser sur la qualité et le goût. "Vous ne pouvez pas faire des vins moyens", souligne Fabrice Simonet, œnologue et vigneron au Petit Château dans le Vully. "Il faut impérativement un effet 'waouh'!"

L'argument écologique peut aussi peser dans la balance. "Quand on choisit sur la carte, on a tendance à privilégier ce qu'on connaît", relève encore Jean-Sébastien Reynard. Le grand travail avec ces nouveaux cépages, c'est l'explication, accompagner le client.

Si vous êtes amateurs ou amatrices de vin (avec modération, bien sûr!), vous pourrez goûter les vins issus de ces nouveaux cépages dans... une dizaine d'années!

Jean-Sébastien Reynard contrôle une vigne d'un des sept nouveaux cépages
RadioFr. - Sarah Camporini
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