Erhard Loretan, mémoire d'une odyssée verticale

L'alpiniste fribourgeois mourait lors d'une chute dans les Alpes bernoises il y a exactement dix ans. Retour sur son parcours hors-normes.

Erhard Loretan ici en juin 1995. © KEYSTONE

Le 28 avril 2011, celui que l'on surnommait "le lutin des Gastlosen" disparaissait au sein du Grünhorn, le jour même de ses 52 ans. Drôle de cadeau que cette mort pour celui qui l’avait tant défiée. Dix ans plus tard, son nom continue d'inspirer les amoureux de la montagne. 

Enfant, le Bullois connaît un attrait pour la grimpe. "Les gens l'appelaient "le singe" parce qu'il grimpait à l'arbre mais nous on l'appelait l'araignée tellement il était collé à la paroi", explique Carlo Gattoni, ami d'Erhard.

La Dent de Broc à 11 ans

Très jeune, il décide qu'il sera guide de montagne. Il gravit ainsi son premier sommet, la Dent de Broc, en 1970 à l'âge de 11 ans. À partir de ce moment-là, rien ne peut plus l'arrêter. Les Gastlosen, les Alpes et les Andes l'amènent tout naturellement en Himalaya.

Entre 1982 et 1995, il gravit les 14 sommets de plus de 8000 mètres, devenant le troisième homme au monde à réaliser cet exploit après Reinhold Messner et Jerzy Kukuczka. Avec Jean Troillet, il détient toujours le record de l'ascension la plus rapide de l'Everest en 43 heures (camp de base, sommet et retour) par la face nord.

L'alpiniste hors-norme, l'extra-terrestre des Alpes, le sprinter de l'Everest, était aussi profondément humain et humble face à ces exploits qu'il habillait souvent d'une trop grande banalité. "Pour lui tout était facile et il croyait que pour nous aussi c'était facile" se souvient Renata Loretan, mère d'Erhard en parlant des invitations de son fils à faire de la varappe.

Voir notre reportage:

Ecouter aussi "La Cafète" consacrée aux dix ans de la disparition d'Erhard Loretan:

La Télé - Philippe Huwiler / Chloé Hetzel
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